JALOUSE n°1 de 1997 / Page 70 / 71
TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2009
|
page 1 hauts en stretch superposés, blanc et rouge, et pantalon cigarette bleu, calvin klein. Avant mode la confession d}fnirnàs la voilà donc, cette jeune actrice française dont toute la presse imagine qu'elle n'en restera pas là. Clotilde, sans h, n'est plus une jeune espoir, pas encore une actrice confirmée. Juste entre les deux, pas pressée, ni même prétentieuse. Elle prend le chemin du meilleur, mais se réserve encore le droit de dire le pire. Ce bout de femme commence sérieusement à dégainer une personnalité, à ajuster un style, à s'enticher d'une carrière. C'était le moment de lui demander en face ; 'alors, ça va?' elle déguste un joyeux plat chinois, sirote un coca, et balance un de ces petits sourires à vous emmêler les baguettes. Ce petit traiteur asiatique du 11e arrondissement lui va comme un gant. Un jean trop grand, épais comme un sac militaire, un blouson de bande armée, et une sacrée pêche. On se dit qu'elle vient de commettre le casse du siècle. Dix minutes plus tôt, elle courait en traversant la rue, comme un mec, tout ça parce qu'elle avait croisé une vieille copine. Alors, ça va?'oh, oui, telle- ment bien!' clotilde courau telle qu'en elle-même. Simple, nature, provocante et romantique avec cette dose de naïveté noyée dans un idéal. Une journée avec elle ressemble à un véritable rodéo urbain. Elle répond court, mais garde sans cesse les questions en mémoire pour y revenir un peu plus tard et balancer une réponse qui claque. A force de la regarder, on devine ce qui doit traverser la tête d'une jeune femme de vingt-sept ans. Elle n'est pas tout à fait belle, ne cherche pas à faire jolie, mais se découvre depuis peu une sensualité dont parfois elle abuse. Elle aime se faire photo- graphier, imagine toute sorte d'idées, fabrique des scénarios, parfois limites, jusqu'au moment où le jeu ne l'amuse plus et qu'il faut vite passer à autre chose. Sa première confession a visé juste. Tout de suite, d'emblée, sans fausse pudeur. ' follement, terrible- ment, sans même se demander si tout cela existe vraiment. 'je n'imaginais pas l'amour aussi fort. ' entre deux pincées de soja, elle relève la tête, sourit comme une timide l'aurait fait en avouant une bêtise, mais se redresse fièrement en annonçant sans faiblesse : 'eh oui, je suis amoureuse. ' et voilà!Par ici la sortie. Clotilde courau vient de débarquer sur la planète amour avec violence. C'est lui, elle en est sûre. Elle n'en revient toujours pas, mais c'est lui, alors. 'alors, le coup de foudre, un point c'est tout. Cet homme, il est ma nouvelle famille. Je ne vois pas ce qui pourrait nous séparer. Sauf peut-être la mort. Comment survivre à cela?C'est lui, lui et encore lui, pour toujours. J'ai toujours rêvé de vivre cet amour-là. Le matin, je me réveille avec lui et je ne sais pas comment cela va se passer. De la pure folie, l'évidence aussi. Pour lui, tout a été d'emblée très logique. Pour moi, un peu moins. Peut-être par peur de l'évidence justement, ou d'une trop grande simplicité. Il y a eu chez moi comme une espèce de lutte intérieure. Cela fait cinq mois et chaque jour c'est un peu plus fort. ' elle continue de grignoter son rouleau de printemps. On la sent sereine, heureuse. 'c'est vrai que je le suis. C'est l'amour comme je le vis. C'est être avec l'homme que l'on désire plus que tout, traîner au lit avec lui le matin, être au cinéma avec lui, dans une salle vide, et être à ce moment-là totalement libre avec lui, l'embrasser quand je veux où je veux. ' elle ne rou- git même pas des mots qu'elle déverse, de cette sorte d'impu- deur qui la pousse à se confier plus que d'habitude. Elle ne rou- gira que bien plus tard, lorsqu'en réfléchissant à tous les acteurs avec qui elle aimerait tourner, elle livrera sans réfléchir le nom de guillaume depardieu. Une seconde d'arrêt, un ange qui n'a même pas le temps de passer dans la pièce et elle de conclure 'oh, tant pis, de toute façon, tout le monde le sait. Il y a un an et demi, au téléphone depuis los angeles, elle racontait ses folles soirées, son expérience américaine, son désir d'aller un peu plus haut. Depuis, tout est arrivé en accéléré. D'autres auraient pété les plombs ou débranché, pas elle. |
|
Si vous souhaitez utiliser le texte ou les images de cette page. Cliquez ici |
|
|
166 pages
1 à 100 SUIV >>
|




















































