JALOUSE n°107 de 2008 / Page 70 / 71
TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2010
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Absolute beginners 68 créatrice de mode, une nouvelle vocation?D e s détails techniques?Oui, enfin, j'ai déjà du mal à dire que je suis actrice. Comme je n'ai pas fait d'école, c'est pas aujourd'hui que je vais annoncer que je suis designer de mode. Mais sur ce projet pour lee cooper, oui, j'ai dessiné, oui, j'ai choisi les matières et suivi tout le déroulé de fabrication des vêtements. Lou et lee cooper?J 'avais envie de rabats au niveau du ventre, pour que mes jeans aient une protection féminine. Trois rabats, ça fait trois fois plus de tissu et ça fait monter les prix. J'ai dû laisser tomber certaines choses et faire des concessions. Faire des jeans à 2 000 , c'était pas trop mon idée. U n e histoire à suivre?C'est eux qui m'ont appelée. J'avais déjà créé deux ou trois j 'ai six collections à faire. Cela fait deux mois que pièces pour la redoute. J'ai accepté de faire une collection j'ai attaqué l'hiver. En fait, cette collection d'été limitée, qui s'est avérée être une vraie collection. Lee est maintenant loin pour moi. C'est comme un bébé cooper, c'est énorme. Il y a mille fois plus de stock que dior qui ne m'appartient presque plus. Nous avions cinq mois pour créer cette 'capsule la marche à suivre?Collection', ce qui était pour eux un pari injouable, mais comme je n'avais jamais fait ça, il fallait tout dégrossir. Nous y sommes parvenus en réduisant le nombre de pièces. Je n'ai pas eu envie de ramener des fringues de chez moi u n apprentissage éclair?Pour refaire les mêmes. Ça n'aurait pas pu marcher j 'ai dû tout apprendre en quatre ou cinq mois. Ils ont été sur six collections. Je n'avais pas non plus envie de faire très patients et m'ont beaucoup aidée. Du 'habillez-vous comme moi', je ne suis pas assez connue pour ça et je suis plus égocentrique que ça. J'avais u n e carte blanche?Envie de voir des femmes de 30-40 ans porter cette ligne. J 'ai eu une liberté énorme. Mais c'était le deal. Vu qu'en la cible 15-25 ans m'ennuie, c'est réducteur. Tant que comédienne, je suis assez malléable, en tant le s codes?Que mannequin, je me laisse faire. Le deal, ici, était que je ne me laisse pas faire. Que ce soit une sorte de break on m'a laissé une semaine pour définir mes codes, qui sur le reste de l'année. Je vis dans une sorte de frustration, ne bougeront pas pendant trois ans. J'ai choisi les manches qui fait que je ne peux décider de rien. Sur les quatre mille trois-quarts, de façon à ce qu'on voie les poignets photos que j'ai dû faire dans ma vie, il n'y en a peut-être car je trouve que l'avant-bras est ce qu'il y a de plus beau que trois qui me plaisent, sur les quinze films que et de plus fragile chez une femme. Et le cinq-quarts, j'ai tournés, je n'en aime que six ou sept. Pour cette histoire c'est une taille que j'ai inventée. En gros, tu prends un quart avec lee cooper, l'idée était que, pour une fois, je gère en plus et tu le rajoutes. Une sorte d'oversize. Un pantalon quelque chose à 100 . Vu que tu paies à 100 , que trop haut et trop long. J'aime le trop long et le trop court, les gens aiment ou n'aiment pas, autant que ce soit et passer du 'oversize' au 'minisize'. Dans la vie, je porte vraiment toi qui l'aies fait. Autant que, si on me descend, d'ailleurs aussi bien les fringues de mon mec que celles ce soit pour les bonnes raisons. Là, si on veut de mon fils (5 ans, ndlr). Me descendre, on le pourra car j'ai absolument tout fait. Le s inspirations?Lou doillon, jean tonique -- par daphné hézard / photos raphaël gianelli-meriano je suis très inspirée par l'enfance et, du coup, je choisis un personnage pour chacune de mes collections. Pour cette saison, j'ai choisi le artful dodger d'oliver twist, ce petit débrouillard qui s'habille avec des vêtements de grands et des chapeaux hauts de forme. Des queues-de-pie, des petits pantalons qui montent. Pour l'hiver, ce sera the kid, le personnage de charlot. D e s icÔnes de mode?Actrice, chanteuse, muse. Lou doillon s'essaie désormais à la couture. Pour lee cooper, elle signe une collection qui lui ressemble. En queue-de-pie et bottes en caoutchouc, elle nous livre ses secrets de fabrication. Ce qui me touche dans la mode, c'est d'être émue. Quand j'avais 14 ans, je me souviens d'une photo de kate moss qui portait un vieux collant, un short hyperbizarre, un t-shirt et un pull. Un journal anglais avait titré : 'est-il possible que cette femme ait le meilleur style du monde?'. Ils ne comprenaient pas pourquoi. Eh bien, c'est parce qu'elle était touchante. J'étais émue, tout comme je suis émue par katharine hepburn, qui s'habille en garçon et assume un statut de mec, alors qu'il y a une gonzesse en dessous. Ou encore audrey hepburn, en leggings avec une paire de ballerines, et petite brigitte sur son vespa, à cannes. J'aime lorsque lola, ma petite soeur de 12 ans, m'emprunte des vêtements, ou lorsque mon fils porte les fringues de son père. Le vêtement, une armure?La femme se déguise en garçon, en mec qui peut tout se prendre dans la gueule, alors que c'est une femme et qu'elle ne peut pas tout encaisser. à 18 h, elle se retrouve 'j'aime le trop long et le trop court, passer du `oversize' au `minisize'. Dans la vie, je porte d'ailleurs aussi bien les fringues de mon mec que celles de mon fils (5 ans)' au café avec ses copines et elle s'effondre en larmes car il y a encore un type qui parlait à son cul et pas à son visage, mais elle a joué le jeu toute la journée. Pour ma part, quand je porte une petite robe, il faut que je mette une veste d'homme ou de grosses bottes, histoire de pouvoir gérer la vie de dingo qu'on mène toute la journée. Et il m'arrive de porter des porte-jarretelles sous mon jean. Ça me fait du bien et ça ne se voit pas. Comme disait coco chanel : 'la féminité, c'est pour soi'. Le vêtement, un déguisement?J 'ai grandi dans un univers assez particulier. Autour de moi, trois femmes (jane birkin, charlotte gainsbourg et kate barry) très masculines et des hommes très féminins (serge gainsbourg et jacques doillon). Le vrai mec, je ne connais pas. Les cheveux courts, ça m'horripile. La coupe en brosse, je n'ai jamais vu ça à la maison. Avec des élastiques, mon père se faisait des bagues et avec du gaffeur des bracelets. Quant aux femmes, elles ne portaient que des jeans, t-shirts blancs et des converse. C'était l'uniforme familial et, du coup, moi, j'étais dans des jupes de couleurs de cinglée, avec des rollers, des chapeaux hauts de forme et des boas autour du cou. Je jouais un rôle de bouffonne, je m'habillais pour faire rire ma famille. Illustrations lou doillon. |
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