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Jalouse n°107 - 2008 - Page 92 / 93

JALOUSE n°107 de 2008 / Page 92 / 93

TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2010

Ça , c'est paris 90 capital klapisch -- par daphné hézard / photos benjamin loyseau c édr ic klapisch offre à ses fans paris et sa tour eiffel, ses paillettes et top models, mais aussi ses jérémiades, pépins et crottes de chiens.

Un film sur la mort qui donne envie de vivre.

Rencontre dans un pub anglais, mais à paris tout de même.

Vous aimez toujours autant filmer paris, est-ce un sujet inépuisable?Je ne m'en lasse pas, c'est vrai.

J'ai déjà bien ratissé la bastille et ménilmontant.

Aujourd'hui, je n'en suis même plus à chercher des angles de vue mais je sais ce que j'aime dans cette ville et je m'attarde sur des détails.

Les balcons ornementés, les chiens assis, les toits en zinc, les grilles autour des arbres, sont des emblèmes parisiens.

On ne les voit plus, tant ils sont quotidiens.

Dans le film, romain duris dit : 'paris, c'est ça.

Personne n'est jamais content, tout le monde se plaint'.

C'est une réalité.

Ça vous agace, ça vous amuse?Ça m'amuse et c'est déjà ce qui me plaisait dans chacun cherche son chat.

Le personnage de madame renée est attachant parce qu'elle râle.

C'est l'une des choses que j'aime chez les parisiens.

C'est pénible mais c'est attachant.

J'ai vécu aux états-unis et les gens toujours contents, c'est aussi problématique.

En californie, c'est un gag.

Leur sourire est plus oppressant que les râleurs parisiens.

Faut-il tomber malade pour regarder les autres?L'histoire du taxi, on me l'a racontée (une scène jouée par romain duris où il traverse paris en taxi pour se rendre à l'hôpital, ndlr).

Quelqu'un qui avait eu une grave maladie s'était demandé en allant à l'hôpital s'il allait revenir.

En croisant les gens dans la rue, il se disait, c'est génial, ils marchent et ils respirent et ça m'avait vachement marqué.

On ne se rend pas compte de la chance qu'on a.

C'est un truc que je réalise à l'âge que j'ai en observant les gens de 80 ans, qui regrettent des trucs qu'ils ont perdus.

Dans quelques années, j'aurai ce genre de regret.

C'est le moment de se dire : profitons d'être en bonne santé!Si vous étiez en sursis, comment passeriez-vous les derniers jours à vivre?J 'en sais rien.

J'ai pris le cas de quelqu'un de particulier qui avait une maladie du coeur.

Le seul truc qu'il puisse faire, c'est regarder de son balcon ce qui se passe dehors.

à quel moment prenez-vous le temps d'observer les gens 'ordinaires'?J'aime aborder les gens extrêmes.

Les stylistes, par exemple, sont des gens extrêmes.

Aucun acteur ne peut jouer un jean-paul gaultier ou un john galliano, tellement ce sont des gens 'trop'.

Dans la vraie vie, les gens ordinaires sont souvent extraordinaires.

Un prof de fac, une assistante sociale, peuvent avoir des moments de vie extraordinaires, et c'est ça qui est intéressant.

Le rapport de l'ordinaire à l'extraordinaire.

Qu'est-ce qui est magnifique dans le quotidien et qui est banal pour des gens banals ou extraordinaires?Les films paris je t'aime, dans paris, et maintenant votre film, paris : c'est une ville qui fait vendre?Des films qui portent le nom de rome ou de new york, il y en a eu plein.

Concernant new york, j'espère qu'il y aura d'autres personnes que woody allen pour parler de manhattan.

Ça me fait penser à l'époque où la warner avait attaqué les marx brothers, pour leur film une nuit à casablanca, alors que casablanca venait de sortir.

Ils leur ont répondu : 'mais casablanca ne vous appartient pas!'.

D'autres films que j'ai fait auraient déjà pu s'appeler paris.

Mais là, je me suis dit que j'avais l'âge de le faire.

Je me sens capable d'affronter ce titre-là, parce que ce n'était pas si facile.

Paris est un film plus grave que les précédents.

Pierre, le personnage principal, attend une greffe du coeur.

Pourquoi avez-vous mis romain duris en danger de mort?Avec romain, on a eu envie de changer de registre, de façon à s'éloigner du personnage de xavier (de l'auberge espagnole et des poupées russes, ndlr).

Il a aimé l'idée de jouer le rôle d'un malade.

Il aime bien les défis.

Rassurez-nous : ça n'a rien à voir avec vous?Avez-vous eu des pépins, un problème cardiaque?Ça ne m'est pas arrivé à moi mais j'ai beaucoup vu ça autour de moi, récemment, et romain aussi.

Dans l'auberge espagnole, vous vouliez positiver le rêve.

Dans les poupées russes, devenir grand signifiait arrêter de rêver.

Dans paris, peut-on parler de coup de vieux chez klapisch?C'est sûr, la question du vieillissement se pose.

On m'a longtemps appelé jeune réalisateur et, à 46 ans, ça commence à devenir difficile de faire semblant.

Je ne me sens pas vieux mais il y a un truc d'âge qui est à affronter.

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