Jalouse n°13 - 1998 - Page 28 / 29

JALOUSE n°13 de 1998 / Page 28 / 29

TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2009

page 1 ricaine est en traihode se esses productions hollywoo zine comme la reine du ciné le rÔle de fay dans henry foo la marque de pose c' t 'je connais parker posey depuis longtemps.

Elle est exceptionnelle.

Elle est toujours juste, elle se donne à fond, elle est vraie.

J'ai bien peur, que très bientôt, elle ne soit trop chère pour moi.

' hal hartley ce ne fut ni prémédité, ni sur un coup de tête.

Tout a commencé très tôt.

J'ai passé les six premières semaines de ma vie en couveuse.

On dit toujours que c'est au tout début de son existence que les choses se décident.

C'est sans doute à ce moment-là que j'ai développé une hyper sensibilité.

Vous conservez des souvenirs extrêmement précis de votre enfance?Tout ce qui a, un jour, chamboulé votre vie peut avoir des conséquences sur votre façon d'envisager l'avenir.

Je me souviens par exemple de mon père, parti au vietnam, qui demandait à ma mère de lui envoyer des photos de nous avec le sourire.

Vingt ans plus tard, je fais des films.

Quand j'avais 9 ans, je n'étais pas une vraie fille.

Je pensais comme un garçon.

C'est là que j'ai trouvé mon énergie.

Sans pour autant être certaine de vouloir faire du cinéma?J'ai déménagé pour le mississipi quand j'avais 11 ans.

Je faisais de la danse et je me voyais bien entrer dans une compagnie de ballet.

Je ne tenais pas en place et, franchement, le mississipi, je m'y ennuyais terriblement.

J'avais envie d'aller à new york.

Je suis entrée à 18 ans, au suny purchase pour devenir actrice.

En décalage, je ne respectais pas les codes de conduite.

A quand remonte votre rencontre avec hal hartley?1991.

J'avais emprunté quelques dollars pour pouvoir subsister et tourner dans des courts métrages.

J'ai rencontré hal.

J'ai tout de suite aimé son langage cinématographique, son engagement derrière la caméra, son travail sur les personnages.

J'ai tourné amateuret flirtavant henryfool.

Un film-portrait qui joue sur l'ambiguïté d'un personnage, henry fool, thème cher à hal hartley?Un film que nous avons tourné en vingt-trois jours, et qui sait jouer sur le thème de la folie, des apparences, de la double vie.

Je crois que le film plaira aux américains, mais pas avant dix ans.

Hal hartley sait être prétentieux avec son art.

Alors qu'en définitive, ce n'est jamais quelqu'un de prétentieux.

C'est un poète, un généreux.

On sent la diversité de ses sources d'inspiration.

Il a été peintre à boston, c'est un fou de musique, un touche à tout qui a un sens fantastique de la mise en scène.

Vous voilà au seuil d'une belle carrière que tout le monde vous promet.

Hollywood ne va pas tarder à vous faire du pied?Et alors!Hollywood n'est qu'un énorme compte en banque : c'est l'argent qui écrit les scénarios.

Il y a trop de risques, trop de pression à chaque film.

C'est un système.

Je veux tout donner au cinéma indépendant.

Je le ressens comme une nécessité.

Un peu comme l'effet de la nouvelle vague en france sur les acteurs de l'époque.

Malgré un prix à cannes, henry fool a été diversement apprécié?Es en général très bon signe.

J'aime d'avance la réaction des gens qui vont voir le film.

Hartley a voulu quelque chose qui fasse vaciller, qui dérange, qui aille au-delà des évidences.

Cette façon d'être plus sauvage, c'est aussi cela la force du cinéma indépendant.

Avec le risque de provoquer sans émouvoir?Peut- être.

Mais s'il n'y pas de bataille dans le film et autour du film, le cinéma ne va pas très loin.

Il faut cette mise en danger, une vraie prise de risque.

Et maintenant, vous enchaînez sur d'autres projets?Non!Je vais au maroc un mois avec mon petit ami.

S'échapper avec celui qui vous fait grimper au ciel.

Ensuite, nous verrons bien.

Qu'est-ce qui vous énerve aujourd'hui?Le peu de conscience que nous avons des menaces qui pèsent sur l'environnement.

C'est formidable d'être vivant aujourd'hui.

Mais demain?I l y a des choses que je ne comprends pas bien, surtout aux états-unis.

Il y a là- bas un cynisme qui donne envie de tourner les talons.

Et une mythologie de l'argent qui donne mal à la tête.

Est-ce pour cela que vous quittez new york pour londres?Pas tout à fait!En europe, il y a comme une résistance à cette comédie du pognon.

Ici, il y a une histoire, un respect de la culture.

Et pourtant, quelques signes prouvent que les choses bougent, changent?Je suis fascinée par l'arrivée d'une nouvelle culture très visuelle, de la photographie aux vidéastes.

Elle bouleverse un peu notre manière de voir le monde.

Une fois de plus, ce sont les artistes qui prennent les commandes.

Imaginez que je sois un magicien.

Qu'est-ce que je peux faire pour vous?Hélas, pas grand chose.

Notez que je pense que la magie est de retour, accompagnant un regain de spiritualité.

'henryfool, un film de hal hartley avec thomas jay ryan, james urbaniak et parker posey.

Sortie le 2 septembre.

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