JALOUSE n°27 de 2000 / Page 38 / 39
TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2009
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page 1 mobile veau temple d'une virilité décrispée. En sept niveaux identifiés et ciblés, il fait la synthèse du potentiel masculin. L'institut nickel (pour la peau de ces messieurs) ne désemplit pas. Les deux premiers étages 'tendance' ont rallié des clients qui n'auraient pas mis un pied à l'ancien brummell. Les autres grands magasins (galeries lafayette ou bhv, avec plus de frilosité), ont aussi rafraîchi leur espace homme. C'est irréversible, l'homme 'parce-que-je-le-vaux-bien', l'homme à polarité féminine, selon le jargon du psychothérapeute, coquet, dépensier et qui veut se faire plaisir, est arrivé. Hommeifemme= match nul il y a de quoi être agacé(es) car on nous avait promis que la femme était l'avenir de l'homme (aragon), que demain serait féminin (les 3 suisses). Or, c'est l'homme qui récolte ces maximes à son compte, en conquérant sur le terrain de l'affect ce qu'il commençait à perdre du côté des sphères de pouvoir. Les vrais droits de l'homme s'édic- tent, avec besoin de reconnaissance esthétique et droit de salle de bains. Le temps du macho est-il révolu?Rien de moins sûr. La presse magazine qui investit le créneau pectoraux (m, men's health) brosse monsieur dans le sens du poil. S'il s'agit toujours d'être bien dans son corps et sa tête, on cultive les vieux contentieux. Comment l'épater au lit, comment devenir le roi des pompes. D'autres titres, comme fhm ou kromosom, moins fitness, ne font pas dans l'émergence d'un nouveau rapport homme/femme. Mais les femmes veulent-elles de cet homme plus raffiné et attentif à son bien-être?De l'ex-kookaïette reconvertie en dominatrice dédai- gneuse à la jeune femme aiguillée vuitton, la représentation du l'homme urbain, des 20 ans, devient soucieux de son apparence. Plus de profil type, tous les types ont desormais leur profil. Par carine soyer nous ne parlerons pas de l'homme moderne, vague souvenir des années 80, gadget dans la vitrine de la chaîne de magasins qui porte son nom. L'homme qui nous intéresse est peut-être cet 'homme neuf, libre mais attentif, solide mais sensible, campé sur les plus sûres valeurs de son sexe', tel que nous l'a décrit le monde dans son supplément 'mode hommes' (25 septembre 1999). Cet homme qui, entre deux avions, accepte un soin beauté-forme ou un conseil en style pour renouveler sa garde-robe, est-il réel?Il paraît que oui. On a pu l'identifier, vêtu d'un jogging en cachemire dans son 'chez lui', et de vêtements outdoor mâtinés 'friday wear' dès qu'il en sort. Parce que je le vaux bien (aussi) notre homme, appelons-le contemporain, est un mâle qui a trouvé son bien. Bien sapé, chaussé, parfumé. Une aubaine pour le commerce : on va enfin pouvoir parler aux hommes comme à des femmes, les entretenir sur les dernières crèmes exfoliantes, les déodorants triple action, les colorations capillaires. Enfin leur vendre ce qu'on vend aux femmes, dans des boutiques encore plus belles. Le printemps de l'homme, à cet égard, vaut le détour. L'équipe maison, coachée par michel silvy, peut être fière de ce nou- couple bat de l'aile. Car si l'homme s'occupe plus de lui, il s'occupe- ra moins d'elle, c'est mathématique. Il faut donc tuer dans l'oeuf toute volonté masculine 'd'esthétisation'. Malgré les résistances légi- times, l'hybridation homme/femme est la prochaine étape : un mélange des genres, rendu possible par la fin du tabou homosexuel, dans lequel le sexe ne décidera pas des préférences. A tel point que yohji yamamoto nous assure que le total chic est un costume d'hom- me porté par une femme, que l'hypermarché de la fringue, h&m, commercialise des jupes pour hommes. Avant la métamorphose du genre humain, méditons cette définition d'hubert haddad qui, dans son dictionnaire romancé, l'univers (ed. Zulma), nous propose à b comme bander : 'les rustres prennent leurs verges pour un biceps à contracter alors que l'érection est tout le contraire, une décon- traction après relâchement d'un muscle constricteur qui permet l'af- flux de sang dans les corps caverneux, une sorte d'hémorragie limi- tée. La virilité, cette catastrophe naturelle en grande partie respon- sable des viols et charniers, en raison des preuves que l'homme s'oblige à donner de sa puissance, devrait être présentée aux impé- trants comme le plus féminin, le plus pacifique des attributs mascu- lins. ' mais alors, que restera-t-il aux femmes?38jalouse. |
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