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TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2009

page 1 costume lorsqu'on parle de modes uniformes, il n'est pas question de rater un bref aller-retour nippon.

Car s'il est une contree de l'uniforme, c' e s t b i e n l e j a p 0 n.

Par antigone schilling/photos christophe luxereau ecoliers, lycéens et universitaires arborent des uniformes inspirés des militaires occidentaux passés dans l'archipel et qui y ont laissé leurs traces de vestes à col officier et boutons dorés.

Modèle parfait d'un ordre respecté où la distinction n'est pas de mise, le japon se soumet avec plaisir à cette contrainte.

L'uniforme des jeunes filles est aussi source de fantasmes.

Ces histoires de nippons lubriques qui achètent des photos de lycéennes et sous-vêtements déjà portés, ou ces jeunes filles se prostituant ne sont pas des légendes.

Les lolita en tenue de collé- gienne sont les vedettes de magazines de charme.

Une fois les études terminées, un espace-temps de liberté autorise les jeunes à se vêtir à leur convenance et à voyager.

L'angoisse du 'casual friday' mais la vie sociale reprend son cours sous le signe de l'uniforme.

Avant de rentrer dans la vie active, l'homme s'achète, dans un grand magasin, son 'recruit suit' (costume de recrutement), supposé ras- surer ses futurs employés quant à ses goûts inexistants en matière vestimentaire.

De 'l'elevator girl' (jeune fille postée à chaque ascen- seur) à la jardinière municipale en passant par le poinçonneur de tic- ket, l'uniforme est omniprésent.

S'il est de style occidental pour les employés, il plonge dans la tradf tion japonaise pour une partie de la restauration et les ouvriers aux pantalons de charpentier, chaussettes et chaussures à doigts (chi- katabi).

Chez les employés, 81 des femmes ont l'obligation de por- ter un uniforme.

Les hommes ont plus de latitude.

Leur deux-pièces, chemise infroissable et cravate synthétique, est un uniforme humble- ment consenti.

Lors du lancement du 'casual friday', les japonais se sont aperçus que, s'ils avaient la liberté de s'habiller comme ils vou- 72jalouse laient un jour par semaine, ils ne savaient comment procéder.

Ils ne possédaient pas d'autres vêtements que leurs tenues d'employés et jogging du dimanche.

Les grands magasins ont comblé ce vide.

Yohji et zucca relevent le defi de grands créateurs se sont penchés sur la qualité et l'image des uni- formes.

Yohji yamamoto relève le défi en repensant les tenues de conducteurs de train et des employés de la banque mitsubishi.

Zucca signe des collec- tions de vêtements de travail.

Si, aujourd'hui, le japon bouge sur l'échelle de richter, le 'tremblement de terre' apparaît faible.

Même l'extravagance devient uniforme.

Les 'chapat- su' (à la chevelure couleur thé) sont partout.

Dès qu'un phénomène de mode apparaît, il se propage dans l'archipel, innervant les rues de la capitale.

Les rues portent des 'codes mode' dupliqués à l'infini.

Comme ces chaus- settes blanches démesurément grandes, attachées par un point de colle, qui 'tire-bouchonnent' les mollets des lycéennes.

La vogue des duffle-coats ou des écharpes burberry est un raz-de-marée.

Même les fêtes sont sous le signe de l'uniforme.

Quand les jeunes se réunissent dans des 'cospa' (costume party), ils rendent hommage à leurs héros de manga, de bandes dessinées ou de groupes de musique.

L'idée étant de reproduire à l'identique le costume de quel- qu'un d'autre.

Les magasins spécialisés font florès.

L'après-midi, les jeunes se retrouvent dans de drôles d'endroits (lofts, hangars.

S'y croisent agents de police américains, infirmières japonaises, caricatures de drag-queens, princesses des mille et une nuits.

Et le lundi matin, tous renoueront sagement avec la routine 'métro-boulot- dodo' dans leur uniforme des villes.

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