Jalouse n°37 - 2001 - Page 42 / 43

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TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2009

page 1 n_'!Revoila oscar a hollywood, les grands films se font et se defont en fin d'annee.

L'enjeu est de taille : se retrouveront-ils ou non en lice pour les prochains oscars?L'academie connait la reponse.

Par benjamin rozovas chaque année à la même époque (novembre-décembre), c'est le même manège : les grands studios, rivalisant sur le terrain de l'ambf tion et de l'excellence, distribuent leurs films les plus artistiquement pourvus.

Ceux avec des grands thèmes importants, des prestations d'acteur inoubliables, des jolies lumières d'une technicité remar- quable, de fastueux costumes à la coupe parfaite.

Ces films se retrou- vent pris dans l'entonnoir au moment des fêtes de noël, date limite de rendu des copies.

Passé ce délai, l'académie des oscars n'accepte plus de participants.

L'objectif?S'attirer les faveurs des membres tout- puissants de l'académie, parmi lesquels réalisateurs, producteurs et techniciens dont l'âge additionné dépasse les 10 000 ans.

D'insistantes rumeurs de sénilité courent sur leur compte.

Au vu des derniers 'meilleurs films' consacrés au palmarès (shakespeare in love et american beauty), on peut au moins croire en leur esprit conservateur et niaiseux.

Reste que l'éventualité d'une nomination aux oscars représente pour les majors et leurs poulains :1/ la garantie d'une carrière en salles plus clémente (en cas de victoire, le film peut également bénéficier d'une ressortie exceptionnelle) ; 2/ la promes- se, capitale, de participer à l'événement.

Une question de prestige industriel, en somme.

Dans les bibles professionnelles type varietyou hollywood reporter, on peut voir fleurir, à quelques semaines de l'an- nonce des nominations, des pages entières faisant l'article pour tel ou tel directeur de la photo.

En bas de page, une mention: ' in your consî deration'.

Traduisez : 'siouplaît, les gars, soyez sympa'.

Cette drague impitoyable, qui passe par l'envoi massif de cadeaux promotionnels (parfums, montres, bijoux), s'opère parfois bien en amont.

L'an dernier, dreamworks et son potentat steven spielberg ont parfaitement orchestré le triomphe d'american beauty en le sortant d'abord dans un parc de salles restreint, de manière à créer une atten- te autour du film.

Piquée dans son intérêt, la critique n'a pas tardé à se répandre en superlatifs.

Les spectateurs ont couru voir 'le film amé- ricain le plus intelligent de la décennie' et, tranquillement, celui-ci deve- nait le prétendant idéal à la statuette dorée.

Un an plus tard, les mêmes retentent le coup avec almost famous, une fresque doucereuse sur l'effervescence rock'n roll des années 70 que le réalisateur cameron crowe (jerry maguire) a fondée sur sa propre expérience de rock cri- tic au magazine rolling stone.

Avec son casting de talents promet- teurs (kate hudson, billy crudup) et de valeurs sûres (frances mcdormand, oscarisée pour fargo), ses prétentions de period-movie définitif et ce rapport intime qu'entretient le maître d'oeuvre avec son sujet, almost famous avait tout pour devenir le chouchou désigné d'hollywood.

Mais le rêve tourne au cauchemar.

Après une présence discrète mais décisive en festivals (il a fait un tabac à toronto), le film est sorti dans une combinaison de dix-sept salles et.

Personne ne l'a vu.

La sauce n'a pas pris.

Déjà, le torchon brûle entre crowe et dreamworks, qui se renvoient la paternité du fiasco.

Reste la question qui est sur toutes les lèvres à hollywood : l'académie révisera-t-elle pour autant un verdict que chacun considère acquis d'avance?40 jalouse.

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