JALOUSE n°37 de 2001 / Page 96 / 97
TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2009
|
page 1 white spiriti blanc de peur, bleme, livide : blanc = trouille / colombe, medecins du monde: blanc = paix saigner a blanc, ku klux klan, arme blanche: blanc = mechant / omo lave plus blanc, javel, ultra bright : blanc = propre frigidaire, congelateur, machine a laver : blanc = electro- menager / blanc comme un bidet, blanc comme un linge: blanc=pale/ mariage, blanche-neige, bapteme : blanc = innocence / carre blanc, ligne blanche : blanc = interdit/ albinos : blanc = etrange / examen blanc, bulletin blanc : blanc = nul / drap, brouillard, dame blanche : blanc = fantome / poudre, neige, ligne, heroine, cocaine : blanc = defonce / claude franÇois, eddy barclay : blanc = show-biz / ceinture blanche, piste blanche : blanc = facile page blanche, nuit blanche, tirer a blanc : blanc = vide / sable blanc, requin blanc : blanc = vacances maison blanche, monarchie, cols blancs, race blanche : blanc = pouvoir / wasp, segregation, ghettos : blanc = racisme / blouse, ambulance, samu : blanc = docteur / ceuf a la neige, blanc de poulet, blanquette : blanc = manger / blafard, palot, pertes blanches, mauvaise mine, langue blanche': blanc = malade bonne sceur, drapeau blanc : blanc = renoncement/ mariage en blanc, blanchiment d'argent: blanc =trucage/ chaux blanche, murs blancs, design : blanc = minimal / chemise blanche, gants blancs : blanc = elegance craie, effaceur, typex, carreaux clairefontaine: blanc =ecole/ blanchir, poivre et sel, cheveux blancs : blanc = vieux linceul, pale comme la mort : blanc = deuil pape, aube, hosties : blanc = divin 1 lumiere blanche, chauffera blanc: blanc=chaud neige, glace, flocon, iceberg, banquise : blanc = froid / courreges, 2001 l'odyssee de l'espace : blanc = futur / carre blanc sur fond blanc, revue blanche : blanc = avant-garde j noir et blanc : blanc = contraste par charlotte miran de toutes les couleurs, le blanc est bien la moins claire. A la fois signe de domination et de paix, d'hygiène et d'assassin, aussi flippant chez les spectres qu'il est chaste chez les carmélites. De la peinture au bauhaus via la photo, nombreux sont les artistes qui en ont fait la couche de leurs avant-gardes. Il est la couleur absolue, celle de la matière et de l'antimatière; le pigment de la pensée, libérée des entraves picturales du passé. Voilà pourquoi le blanc est aussi la couleur du manifeste et des grandes transitions artistiques. En 1919, malevitch le porte à l'incandescence avec son tableau suprématiste, carré blanc sur fond blanc, incarnant selon lui 'la face de l'art nouveau'. A partir des années 70, les monochromes de robert ryman symbolisent la reconquête de la peinture abstraite. Trois artistes d'aujourd'hui manipulent le blanc à leur manière : le peintre roman opalka et ses chronomes questionnent le temps, ana tiedink interroge l'étrange différence des albinos et erwin olaf représente la mort avec cynisme. O e o autoportraits au temps, in opalka 1965/ 1-oo. Pffl,ffl ©e ll pqweh hoh-p0llnjqf]7[ trente-trois ans que l'artiste français d'origine polonaise écrit son livre du temps qui passe, en chiffres blancs sur un fond qu'il éclaircit chaque fois de 1 . Deux cents toiles et quelques milliards numériques plus tard, opalka s'approche d'une écriture invisible. 'depuis 1965, date où j'ai posé le chiffre 1, mon programme est un manifeste existentialiste du présent, insaisissable. Le blanc est la seule couleur qui pouvait servir ma démarche car la conscience du temps qui passe n'est possible qu'avec une couleur neutre, qui ne pollue pas ce senti- ment métaphysique de la présence. Il fait aussi partie de mon concept pictural : l'avancée vers le blanc total correspond à l'expérience de la vie. Chaque fois que je termine une toile, je fais un autoportrait devant, en chemise blanche. Aujourd'hui, mes cheveux se fondent presque avec le tableau. Cette mise en perspective explique l'inexorable évolution de l'être vers la disparition. Bientôt, les blancs se rejoindront totalement. Voilà pourquoi à présent j'enregistre ma voix dictant les chiffres que je trace. Demain, j'écrirai peut-être en peinture titane, visible au rayon x. Mon blanc est très difficile à percevoir au niveau rétinien, c'est une exaltation de ce qu'on ne voit pas, du temps, invisible, qui nous traverse. C'est un blanc mental. |
|
Si vous souhaitez utiliser le texte ou les images de cette page. Cliquez ici |
|
|
230 pages
1 à 100 SUIV >>
|




















































