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JALOUSE n°47 de 2002 / Page 48 / 49

TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2009

page 1 faites vos jeux donnie darko mêle schizophrénie ado et initiation sexuelle, visions médiumniques et prozac.

Pariez sur donnie darko, film ado a la sauce metaphysique, comme si kubrick donnait sa version de scream.

Sinon, misez tout sur ocean's eleven.

Le fa-vo-ri!Météorite libératrice soit les habitués des marchés du film (donnie darko était projeté au mifed de milan) se sont créés une énième hallucination collec- tive, pensant encore avoir déniché un 'nouveau tarantino', soit un inconnu frappe à la porte de la consécration.

Et richard kelly a tout pour lui: il est jeune (26 ans), son film est indé, et sa référence principale (le lynch de twin peaks) est suffisamment 'sous contrôle' pour ne pas affaiblir son indiscutable originalité.

Bref, avec un petit effort marketing et une garde-robe étudiée, kelly pourrait être au cinéma américain ce que les strokes sont au rock: une étoile montante qui illumine une constellation indépendante récemment menacée d'extinction.

Kelly mêle schizophrénie ado- lescente et initiation sexuelle, visions médiumniques et prozac, paradoxes temporels et influence des sectes, avec l'assurance de celui qui se croit (à juste titre) capable de réussir à la fois un petit film fantastique poético-branché et une satire adulte des banlieues résidentielles américaines.

Grâce au coup de pouce du 11 septem- bre, son histoire de réacteur d'avion qui s'écrase mystérieusement sur un pavillon middle-class a même pris une inquiétante tournu- re prophétique.

A tous égards, donnie darko est une révélation.

Donnie darko, de richard kelly, sortie le 30janvier.

Tous égaux le 'eleven' de ocean's eleven donne la clé du dernier film de steven soderbergh.

Plutôt que de film, on devrait parler de 'coup' puisque c'est ainsi que l'ex-essayiste intello fait du cinéma depuis le torride hors d'atteinte, depuis qu'il rapporte de l'argent aux studios.

'eleven': le pluriel renvoie au casting de stars électrisant que soderbergh a monté dans le but de jouer une partition écrite par sinatra et sa bande en 1960 (dans le ocean's eleven de lewis milestone).

Au final, ce ne sont pas onze stars qui défilent devant nos yeux ébahis mais un conglomérat de vedettes poids lourd (george clooney, brad pitt, julia roberts), de valeurs solides (matt damon, andy garcia) et de seconds rôles aux petits oignons (elliot gould, car] reiner, etc.

Comment fait-on cohabiter tous ces gens somptueux que l'on a entraînéà se haïr, du moins à s'observer d'un bout à l'autre du tiroir-caisse avec suspicion?En répartissant démocratiquementle temps d'antenne de chacun, même si clooney a droit à un centimètre carré de couverture en plus (normal, c'est lui qui produit).

Le problème de leur notoriété (le genre qui vous rappelle à la réalité et vous fait sortir d'un film) est ingénieusement évacué dès la première séquence: dans une arrière-salle de boîte de nuit, pittet clooney, dans leurs personnages, dévoilent quelques astuces de poker à quatre jeunes qui se trouvent être les acteurs ados les plus hot du moment (dans leur propre rôle).

Au moment de s'extirper du tripot, une foule hystérique se jette sur les bambins stars sans prêter attention à george et à brad, éjectés sur le trottoir dans l'anonymat le plus complet.

Les deux heures de spec- tacle défilent avec la même coolitude frivole.

De loin, les meilleurs 7 euros que vous pourrez dépenser en février.

Ocean's eleven, de steven soderbergh, sortie le 6 février.

En bref le réalisateur de presque célèbre rejoint la star numéro un du ciné américain pour 'remaker' un chef-d'ceuvre de l'espagnol alejandro amenabar.

Bien qu'on ait une impression de déjà-vu, l'équation (ouvre les yeux + cameron crowe+tom cruise) est assez favorable pour faire de vanilla sky un immanquable.

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