JALOUSE n°47 de 2002 / Page 96 / 97
TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2009
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page 1 cosy strip par thomas erber/photos gaelle magder rouge sexe, rouge cabaret, rouge desir. Au pink platinium, premier bar a strip chic de la capitale*, les bimbos du millenium incendient la scene devant des dandys voyeurs. La nuit se rechauffe enfin. A paris, côté bars et clubs, il ne se passe plus grand-chose. Enfin, pour ceuxqui ontla prétention d'être honnêtes avecleur taux d'adrénaline 'noctambulesque'. Paris, victime du syn- drome manhattan?Non, car à new york, l'atonie nuiteuse est récente. Alors qu'en capitale française, depuis les deux-trois premières années du queen, c'est, à de trop rares exceptions, la franche débandade. Grâce soit donc rendue aux audacieux david et cathy guetta. Et à leur idée apparemment saugrenue: ouvrir le premier strip bar 'fréquentable' en territoire pari- sien, baptisé pink platinium. Dans la luxure satinée de nos rêves on ne vous parle pas de ces clubs miteux qui putréfient pigalle avec leurs préposés à la harangue cherchant désespérément le bon pigeon à gruger. Non, on évoque ces enseignes luxu- riantes, à la devanture discrète, excessivement bien fréquen- tés et qui peuplent déjà west hollywood, miami beach ou le downtown new-yorkais, voire plus encore certains quartiers de londres. Les strips bars sont, dans ces villes, au même titre que les bars et clubs plus classiques, des endroits tout à fait normaux où l'on va, souvent en groupe, dépenser tout son blé en buvant généreusement, tout en regardant de splendides effeuilleuses s'offrir à nos fantasmes les plus 'sains'. Puisque le seul inconvénient de ces lieux est qu'ils nourrissent nos frustrations après nous avoir mis l'eau à la bouche. Par souci de clarté, il convient de préciser que ces bars sont des lieux de détente d'où toute forme de prostitution (n'en déplai- se aux mauvaises langues) est bannie. On y entre, on s'y assoit, on commande à boire, on mate, on se paie éventuellement une petite 'private dance' (technique consistant à choisir l'une des danseuses pour l'emmener dans un box privatif où cette dernière vous gratifiera d'une danse très chaude, le tout restant très politiquement correct). Finalement, on passe un bon moment dans la luxure satinée de nos rêves les moins culpabilisants, puisqu'il n'y aura jamais - on vous aura bien prévenu - 'copulation'. Le pink platinium s'offre donc à nous dans la plus grande tradition de ces alcôves déjà cultes chezles citadins voyageurs. Sa décoration baroque, mêlant un code couleur 'rouge cabaret' à des esquisses de modernités de bon goût (mention spéciale à l'escalier central) en font un lieu avenant. Après un long tunnel très lynchien, qui donne accès à la boîte de pandore, on se retrouve (il faut bien être honnête) agréablement surpris par l'esprit du lieu. Ce dont cathy guetta parle le mieux : 'ce qui nous a motivés, c'est cette idée paradoxale : importer un concept des usa qu'ils nous avaient emprunté àl'origine. Mais lesaméricains ont su en faire un spectacle, hissé au niveau des boîtes de nuit. Puisque la plupart du temps, comme ce sera le cas ici, ils sont ouverts tous les jours jusqu'à six heures du matin. En fait, avec david, l'idée nous trottait dans la tête depuis une dizaine d'années et un voyage à miami. Ça a fini par faire son chemin. On a pris david firestone, le pape des strips bars londoniens, pour s'occuper du platinium, avec la truculence et l'humour qui le caractérisent. Il y en a qui vont grincer des dents, parce qu'à paris, la nouveauté a souvent tendance à effrayer, à choquer. Mais après tout, le principal c'est qu'ici, il y a soixante bombes atomiques qui, tous les soirs, font exploser le pink platinium pour le plus grand bonheur de nos clients. ' avis à la population, le huitième arrondissement parisien est désormais classé zone sensible * le pink platinium 49-51, rue de ponthieu, paris 8`. Un système de carte de membre est mis en place pour les clients intéressés. La pink à 458 permet d'entrer gratuitement avec une personne - ami(e) ou client(e)-, la platinium à 763 pour le titulaire plus trois invité(e)s, et enfin la black à 1526 (le titulaire plus sept convives). Sinon, entrée payante pour tout le monde 23 , consommations et 'private dance' en plus. |
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