L'OFFICIEL DE LA MODE n°117 de 1931 / Page 52 / 53
TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2010
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T l'officiel de la couture» Paris en marge de la le caractere humain de devant le malaise économique qui a fondu sur le monde entier, chacun s'interroge et recherche les causes profondes de la crise, afin de pouvoir y apporter les remèdes qui conviennent. Comme on le sait, les industries de luxe ont été durement touchées et l'art décoratif dont les créations peuvent se ranger parmi les réalisations de telles industries, a, lui aussi, connu les atteintes du mal. Mais peut-être, ici, est-il plus facile de formuler un diagnostic certain. Sans doute, il est toujours malaisé de savoir exactement les raisons pour lesquelles le public se lasse un jour de ce qui l'intéressait pro- digieusement la veille. L'opinion est éminemment ondoyante et diverse et l'on ne peut jamais être assuré que le sens vers lequel s'orientent les ventes d'aujourd'hui, marque la route à suivre pour aiguiller les ventes de demain. Nous estimons, toutefois, que l'art décoratif contemporain en haut : lampe de métal chromé. Projections vers le haut ou vers le bas. A droite : lampe à rayon dirigé, mêlai et verre dépoli. Créations jean perzel souffre de quelques erreurs qui ont été commises, parmi lesquelles nous voyons, au premier rang : « une erreur de goût ». Et, quand nous disons « goût », nous l'entendons dans sa conception voltai- rienne : le moment d'équilibre, vers lequel, en dépit de fluctuations diverses, le sens français revient toujours. L'art décoratif de ces dernières années, quel que soit, d'ailleurs, le mouvement esthétique qu'il a déterminé et l'influence certaine qu'il exercera dans l'avenir, n'a pas suffisamment tenu compte, pensons-nous, des besoins humains qu'il se proposait d'exprimer. C'est ainsi, par exemple, que nous avons pu voir le mobilier, le luminaire, que dis-je, le bijou, rechercher presque exclusivement des sources d'inspiration dans la machine, sous prétexte que la mécanique conditionnait l'existence moderne. Mais alors, à force de simplification et de synthèse,» Car la machine est avant tout simplification et synthèse,» On nous a proposé un art n'ayant plus rien d'humain. C'est] qu'en effet, si la machine peut admirablement satisfaire aux besoins matériels de l'homme, elle ne peut jamais s'élever sur le plan spirituel, justement parce qu'elle est machine et par cela même indifférente au bien et au mal, à tout sentiment, comme à toute morale. C'est là, croyons-nous, qu'il convient de rechercher les raisons profondes de la lassitude, puis de l'hostilité du public à l'égard de certaines réalisations décoratives modernes. A ce sujet, nous, revue féminine, nous ne saurions méconnaître, en passant, toute l'in- fluence que la femme, dans sa délicatesse et sa sensibilité naturelles, a eu à exercer dans ce domaine. A l'appui de notre thèse, nous ferons observer que les artistes dont la règle d'action ne s'est pas écartée d'un idéal humain, ont conservé la faveur du public, quels que soient leur modernisme et la hardiesse de leurs conceptions. 50 l'officiel de la couture» Paris crise économique l'art de jean perzel nous choisirons un exemple caractéristique : le luminaire de ces dernières années» Nous l'avons montré au cours de nombreux articles» A fait l'objet d'efforts soutenus. Les décorateurs se trouvaient là, en effet, en présence d'un problème entièrement neuf, particulièrement intéressant à résoudre. Mais, hélas, tout ce qui a été produit dans ce domaine n'était pas digne de franchir les limites de notre temps. C'est ainsi que nous avons vu des faux cierges, des simili-torches, des abat-jour compliqués, des vasques bizarres, des appliques saugrenues, dis- paraître à jamais, dès après leur naissance. » Juste sanction de l'erreur de goût!Seules sont demeurées les œuvres qui présentaient un carac- tère humain, qui restaient dans la logique humaine. Or, à cet égard, nous avons maintes fois signalé les magnifiques réalisations de jean perzel et insisté sur les mérites artistiques que comportent de telles œuvres. Jean perzel triomphe aujourd'hui et recueille les fruits d'un labeur opiniâtre, mis au service d'une foi d'apôtre. Aussi bien, serons-nous les premiers à nous réjouir de voir la rapide ascension de ce sympathique artiste qui s'attache toujours à masquer ses brillantes qualités professionnelles et son admirable talent sous la plus exquise modestie. De cette haute valeur spirituelle et morale, les œuvres de perzel semblent porter le reflet. Klles sont par dessus tout, humaines et sensibles. Ce sont des réalisations d'un modernisme bien compris car elles s'adaptent, d'une part, au cadre de l'existence moderne et s'harmo- nisent, d'autre part, avec notre manière actuelle de vivre. Elles traduisent fièrement et franchement notre époque, avec son esthétique renouvelée et son caractère éminemment pratique, mais, nous le répétons, en s'évadant toujours de la matière. Aussi, devant la beauté de semblables réalisations, formulerons- nous un vœu : c'est que jean perzel, élargissant le champ de son activité, s'attaque aux grands problèmes que l'urbanisme moderne pose en matière de luminaire. Nous sommes assurés qu'il nous donnerait là les solutions archi- tecturales, vigoureuses et hardies que réclame l'esthétique de nos villes, où il convient de fondre en un mariage heureux le sens moderne libre de toute entrave et notre vieille tradition si lourde d'humanité. L'avenir réalisera-t-il notre souhait?Roger nalys. En haut : applique verre dépoli. A gauche : lampadaire à forte projection semi-indirecte. Créations jean perzel 51. |
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