L'OFFICIEL DE LA MODE n°2 de 1921 / Page 12 / 13
TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2010
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L'officiel de la couture et de la mode l'officiel de la couture et de la mode photo. X aul io1 oiret couturier 107, ivue dvi $ aubourg~5aint-honoré7 paris montrera sa nouvelle collection ~ - ~ à partir du 9 août - - - d ans la c outure une interview de paul poiret t a chaleur torride n'empêche pas paul poiret de tra- vailler. Nous le trouvons dans son bureau, au fond d'un jardin, que les ombrages rendent presque mysté- rieux. Dans ce cabinet de travail, règne un désordre somptueux : les étoffes d'or, d'argent et de brocard, les soies les plus précieuses jonchent le sol, déroulées, déployées. On sent qu'elles ont été essa3'ées, maniées par les mains fiévreuses du créateur. C'est une cha- toyante féerie. Kt, a j milieu d'elles, pensif, paul poiret est debout. » Que vous dirais-je?S'écrie-t-il. Vous voulez savoir ce que je fais?Mais je ne sais pas encore ce que je vais faire. Ce n'est pas une ligne seulement que je cherche. Je voudrais dans ma collection beaucoup d'éclectisme et je ne puisdégager une tendance générale. Je cherche à créer des choses extrêmement simples, harmonieuses, mais pourtant hardies. C'est plus difficile qu'on ne pense défaire de l'iné- dit joli, seyant et qui plaise. Et puis, savez-vous encore?On s'exagère beau- coup à l'avance l'importance de l'opinion que pour- ront avoir de noj modèles les acheteurs, on se donne beaucoup de mal pour trouver du nouveau en cherchant à leur plaire, et c'est un leurre. Je suis persuadé que les acheteurs partent de chez eux avec une idée fixe, préconçue ; ils n'achèteront que des modèles se rapprochant de ceux qu'ils ont beau- coup vendus la saison dernière. C'est ainsi qu'ils retardent le mouvement en se rattachant sans cesse au passé, tandis que leur rôle consisterait à favoriser l'essor de l'avenir. Guidés dans leur choix d'une manière plus ou moins impartiale ou éclairée, ils rentrent chez eux avec une sélection qui est loin de donner une idée complète des collections de la sais on, et qui laisse sou- vent d'heureuses créations totalement ignorées de l'etranger. Cela ne saurait vraiment s'appeler' intro- duire la mode de paris '. Aussi j'ai pris cette année une décision impor- tante : cédant aux instances d'un client puissant, confiant et hardi qui assume la responsabilité de sou- mettre mes modèles à la clientèle, j'ai vendu toute ma collection aux etats-unis. Enfin, les américaines sauront ce qu'est la collection poiret. Elles verront t'he torrid heat docs not prevent paul poiret from wor- king. We find him in his stud37, at the back of a gar- den, so shady as to look almost mysterious. In this study prevails a sumptuous disorder : the clothes of gold, of silver and of brocade, the most precious silks unrolled and unfolded, strew the fioor. One feels they hâve been tried, fingered by the creator's feverish hands. It is a glittering fairy show. And in the midst of thèse paul poiret stands musinglv. Am i to tell y ou?He cries out. Y ou wish to know what i am doing?Tf'hy, i don 't know y et what i am about to do. It is not only a une i am seeking, i want a'good deal of eclectism about my collection, and i cannot bring out a gênerai tenden cy. I seck to create extre- mely simple things, harmomous and y et bold. It is more difficult than one wouid believe to make novelty pretty, becoming and pleasing. And then too, do y ou know?There is great exag- geration ut the importance attached beforehand to the opinion the bruyers may hâve of our models; one stri- ées hard to find out something new while seeking to please them, and it is a mistake. I am persuaded the buyers leave home with a fixe?Preconceived notion; they will but only such models as resemble those they sold most successfully last sea- son. Thus they slacken progress by constantly clin- ging to the past, whereas their tosk would cousis t in belping the forward impulse of futurity. Being guided in their choice in a more or less impartial and enlightened way, they bring home a sélection which is far from thoronghly cxemplifying the season 's collections, and which often leaves some happy créations totally unknokn abroad. Thù?Cannot truly be called ' introducing the paris fashion '. Ihâve, therefore, corne to an important décision this year : yielding to the entreaties of a powerful, trustful and daringpurchaser wbo undertakes theresponsability of submitting my models to the customers, ihâve sold my u>hole set to the united-states. /it last american ladies shall kiww what the poiret collection is like. They will behold 100 or 120 models in tailor-made costumes, afternoon dresses, evening dresses andcloaks. |
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