L'OFFICIEL DE LA MODE n°890 de 2004 / Page 28 / 29
TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2010
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{emmanuel caille) du centre de conférences et d'exposition de barcelone, réalisé par le duo d'architectes suisses jacques herzog et pierre de meuron, emmanuel caille dit avoir été frappé par la couleur. Ce bleu klein, dont les architectes revendiquent l'influence, s'illustre sur les trois façades de béton projeté et évoque les toiles monochromes du peintre. La ligne triangulaire du bâtiment surprend, comme sa position sur un terrain en pente -l'édifice semble flotter dans l'espace. 'on a l'impression qu'il est en lévitation. ' au radicalisme des volumes qui peuvent étonner par leur violence, répond la vision ludique, chatoyante et séduisante du lieu. Ce travail typique des architectes donne l'impression aux visi- teurs d'entrer dans un monde d'illusions. Aux yeux d'emmanuel caille, cet événe- ment majeur pour la capitale catalane s'inscrit dans ce qu'on appelle la logique de 'guggenheimisation': la création d'événements architecturaux orchestrés par des villes, à travers la commande de bâtiments impressionnants. Le propos, faire parler plus de l'édifice que de son rôle urbain. Architecte de formation, emmanuel caille est rédacteur en chef 'd'architecture', 'd'a' pour les initiés. Sa ligne éditoriale?'mettre les pieds dans le plat, ne pas encenser tout et n'importe quoi, avoir un point de vue critique qui peut aussi se révéler positif. On se fait quelques ennemis et beaucoup d'amis. ' il regrette qu'il n'y ait pas de plans d'envergure en france. à la dernière biennale de venise, il a visionné les grands projets d'auditoriums dans le monde. 'rien ici, constate-il. C'est dommage de ne pas créer un lieu spéci- fique pour la musique symphonique. R aï } toutes les grandes signatures du monde littéraire se bousculaient à la soirée qu'elle a organisée avec l'avocat emmanuel pierrat. Critique littéraire au 'monde' -où elle est entrée après avoir simplement envoyé une lettre de candidature à josyane savigneau-, spécialisée dans les fictions françaises et étrangères, emilie grangeray signe également la page livres de 'l'officiel'. Les livres de la rentrée qu'elle préfère?'la bête qui meurt' -le dernier philip roth- et 'bartabas, roman' de jérôme garcin, publiés chez gallimard. Quand on lui demande: 'qu'est-ce qu'un bon roman?', emilie, qui avoue des goûts éclectiques allant de la littérature classique à l'écriture contemporaine, élude: 'ce n'est pas un sujet, c'est une voix'. Une petite musique, comme dirait patrick modiano. Emilie grangeray a lu les bonnes feuilles du livre de tom ford par tom ford. Pas de révélations spectaculaires, mais l'aventure chronologique du designer texan, devenu l'un des grands de la mode mondiale, une belle histoire racontée par l'intéressé lui-même et illustrée par de magnifiques photos, dont quelques-unes inédites. Ont collaboré à ce numéro laurent alfieri, christine angot, ronald bellugeon, david benaym, jérôme béglé, rushka bergman, bertrand bozon, lee broomfield, emmanuel caille, olivia chandler, gérald chevalier, jon compson, lucie davidsson, nicolas garait, sarah gerbouin, jean-paul goffard, france huser, elina kechicheva, antoine le grand, marcio madeira, duccio malagamba, sabrina marshall, toby mcfarlan pond, elisa morère, mark squires, tala mazhari, roger moenks. Remerciements à marc arfi, agence maxppp. Erratum: dans l'officiel n°888, page 102, dans le sujet kaléidoscope, nous avons attribué par mègarde la paternité du tableau présenté à mike owen, alors qu'il a été peint par dominique renson. Nous la prions de nous en excuser. '0t''lq'0 26 l'officiel (mark squikes} le photographe mark squires adore les exploits. Pour lui, rien ne paraît impossible et surtout pas de faire construire une embarcation, à tulum au mexique, à l'image du 'radeau de la méduse'. Le célèbre tableau de géricault lui a inspiré l'incroyable série de mode, à la une de l'officiel, réalisée avec la styliste rushka bergman, initiatrice du projet. Dix personnes du complexe d'azulik ont travaillé pendant trois jours pour réaliser le spectaculaire radeau qui pèse plus de trois tonnes. Le shooting, qui a commencé au coucher du soleil, ne s'est achevé qu'à l'aube. Pendant toute la nuit, les mannequins de l'agence planit m, arrivées de tous les coins du monde, ont vécu des émotions fortes dans l'eau et les vagues, exacerbées par la réalité et les conditions de la prise de vue qui dépassèrent l'entendement. Même si mark squires se référait sans cesse aux photos du tableau pour régler au millimètre près poses et attitudes des filles, celles-ci n'eurent pas vraiment besoin de forcer pour avoir un jeu juste. Influencé par toute forme d'art, de la peinture à la danse en passant par la sculpture et le cinéma, mark squires est stimulé par ce qu'il appelle expérience humaine. Son meilleur souvenir de son 'radeau de la méduse?' avoir vécu le shooting en pensant qu'il était dans un rêve. Photosyanacoronil, dr. |
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