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L'OFFICIEL HOMMES n°53 de 1985 / Page 72 / 73

TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2010

Jeun eiflude lit m jean-claude jitrois, tout le monde y croit.

Pardonnez ce mauvais jeu de mot, je voulais seulement vous dire que c'est une valeur sûre, un peu comme une œuvre d'art, un cézanne, un van dongen, tenez, qui, au fil des années, gagne en valeur et en célébrité.

Jitrois, on le sait c'est le cuir sous toutes ses formes, et sur toutes les formes, toutes les couleurs et sur tous les tons.

De brooke shields à elton john, en passant par stéphanie de monaco, liz taylor, paul anka, régine, francis huster, cher et jean marais, ils y sont tous passés.

Ils sont tous passés sous les fourches caudines d'un maître indulgent qui voit le 1e seconde peau pour des gens qui sont forcément, déjà bien dans la leur.

Le tout-paris l'acclame et new york lui fait fête.

Pour jean-claude jitrois on ne salue pas aux accents de la mar- seillaise (façon gainsbourg, of course), on chante l'internatio- nale (pas la même).

Pourtant cet homme de 40 ans au physique d'adolescent, étrange- ment lucide ne s'en laisse pas conter.

Quand sonnent les trom- pettes du succès, jean-claude jitrois se bouche les oreilles et continue sa course en soli- taire.

Travail, famille, amis, le triangle des bermudes dans lequel il se perd quotidiennement, ne l'a jamais empêché de tra- cer sa route.

De son enfance, jean- claude garde le souve- nir d'une existence un peu ballottée, de ville en ville, au gré des affectations de son père, officier de l'armée de l'air.

« c'était une vie de nomade, dit-il l'air songeur, on ne passait jamais plus d'un an dans le même endroit.

J'ai eu l'impres- sion d'avoir eu une enfance très malheureuse et très pauvre.

» tristesse et beaute fils unique choyé par des parents attentifs, le petit garçon avait l'impression de vivre en to- tal décalage par rapport à l'uni- vers ambiant, de jouer un rôle un peu factice, d'avoir du mal à retrouver son identité.

« nous vivions dans des logements de fonction, explique-t-il, nous rou- lions dans une 2 cv de fonction avec au volant un bidasse de ser- vice, nous étions reçus dans de superbes réceptions, on saluait mon père, ou plutôt, on s'inclinait devant ses galons.

On n'avait rien à nous.

» dur pour un enfant de cinq ans qui ressent cet état de choses comme une « mystification ».

Habillé de pied en cap avec les vieux vêtements de ses cousins germains, plus fortunés, chaque semaine il pre- nait le car avec sa grand-mère pour aller voir les dits cousins.

« même là, je n'avais pas ma place.

Je m'asseyais entre ses jambes pour ne pas payer de tic- ket supplémentaire, et c'était ter- riblement humiliant.

» sensible, lucide, dès sa plus tendre en- fance, jean-claude jitrois savait qu'il ne resterait pas dans cet uni- vers étriqué.

A 7 ans, c'était déjà un petit homme qui prenait tout seul le train paris-marseille et, dès l'arrivée dans une ville nou- velle, faisait les démarches admi- nistratives, remplissant les tâches quotidiennes pour aider une mère submergée.

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