L'OPTIMUM n°45 de 2001 / Page 24 / 25
TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2010
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page 1 l'avocat du diable l'imytrhirig!Nuu55t lp. A z z z 0 z z ruppert par martin banne 4w' ;ii ;r. Ï e ncore un petit effort et il faudra souffrir la génuflexion devant isabelle. Car celle-là n'est plus une comédienne, à peine une femme. Isabelle huppert est aujourd'hui une religion. Eex-voto des salles obscures. Comme si à force de jouer l'innocence et la cruauté, les putains et les violées, elle s'était transfigurée à longueur de pellicule en une manière de marie-madeleine du 7' art. Sa filmographie la raconte d'ailleurs un peu. Les valseuses, sérieux comme le plaisir, la porte du paradis, sauve qui peut (la vie), passion, les possédés, la cérémonie. Une ceuvre comme un glissement progressif d'entre païen et sacré. Désormais pas une interprétation sans prix, pas une apparition sans louange, pas un rôle sans te deum. Huppert s'encense comme les fonds baptismaux. Avec elle, la toile vire image pieuse, le réalisateur grand prêtre, le spectateur complet pèlerin et le critique parfait bigot. Il n'est qu'à lire l'exégèse récente de ce brûlant idolâtre pour finir de s'en convaincre. « la force d'isabelle huppert est de se donner entière, dans tous les rôles, soigneusement choisis, tout en préservant une énigme. Dans son jeu existe une ferveur retenue, inquiète, qui la place à distance. ) immobile, muette, presque minérale, huppert est cette pierre précieuse, magnétique, qui capte les regards. Cette maîtrise semble ne pouvoir être atteinte que par la traversée des zones d'ombre, de soi et d'autrui. Au seuil de ce visage, voici la zone la plus intérieure de l'existence. Isabelle huppert renvoie à chacun une part très personnelle, et tous peuvent s'y reconnaître. »* amen!On se croirait le dimanche à la messe, mais on est 24 mercredi dans libération. On s'installe devant la pianiste comme on prendrait un train pour lourdes et on attend le prochain film à la façon d'une hostie. Prière d'adorer!Le monstre est définitivement sacré. Place à l'immunité conception. Sainte isabelle du cinéma français, jouez pour nous!Au nom d'huppert, du film et de saint-chabrol!Seulement voilà, les evangiles aiment à être contredits. C'est dans leur nature!Et puisque la foi autorise le doute, alors avouons qu'il y a un malentendu huppert. Pardon pour le blasphème, mais tout le monde n'est pas croyant. A tant se confondre avec ses films, le miracle d'actrice s'est fait mirage. En vérité, aucune distance chez elle, aucune mise en abyme, aucune prise de risque. Depuis trente ans, huppert entend des voix. De belles voix certes, mais toujours les mêmes. Mêmes rôles, mêmes registres, mêmes séquences. On la rêverait chez guitry, chez bacri, dans « taxi », elle continue de ressasser schiller, claudel, ozon et benoît jacquot. Huppert s'est figée dans la tyrannie du bovarysme et l'éternité de ses taches de rousseur. Elle ne vieillit d'ailleurs pas. Une béate de la caméra qui semble murmurer « ma chair est triste, hélas, et j'ai vu tous les films. » comme si l'ex-dentellière avait d'abord ce talent de masquer une faiblesse d'audace dans les draperies d'un certain conformisme intellectuel. « il y a un danger à ne faire que ce qui vous ressemble : vous ne ressemblez plus à rien. » cette confession d'une certaine isabelle qui la révèle tout entière. * antoine de baecque dans libération du 22/08101. |
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