L'OPTIMUM n°45 de 2001 / Page 50 / 51
TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2010
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page 1 silil 'eût cru foires aux vins le grand bazar marronnier de rentrée de la grande distribution, les foires aux vins seraient-elles aussi « has been » qu'un dieudonné présidentiable chez ardisson ou que le dernier opuscule de sollers?C omme il faut bien occuper les compétiteurs de caddies juste après le festival de trousses pokémon, nos imperators des linéaires nous convient depuis une dizaine d'années aux vendanges d'étiquettes!Ces rendez-vous rituels se justifient aux yeux des consommateurs par le large choix, sans équivalent à d'autres moments de l'année, qui leur est offert, et bien sûr par l'évidente certitude qu'ils y feront des affaires. Pour les supers et hypers, c'est un moyen de doper leur recette en captant à période fixe une clientèle, financièrement exsangue. Et ça marche, parce que la grande distribution met le paquet. Absente de ce gros marché du vin au potentiel explosif jusque dans les années quatre-vingt, celle-ci a décidé d'occuper ce créneau porteur en s'adressant directement aux seuls interlocuteurs susceptibles de répondre largement à sa demande. Autrement dit le négoce bordelais. Commercialisant à la fois le bordeaux de base et le 1' cru classé, celui-ci est rompu à l'art du panachage (« je vous mets trois caisses d'yquem à prix coûtant, 200 de mon cru bourgeois du médoc à tarif plancher et vous me prenez mes 1 000 cartons de château lapompe avec lequel vous allez cartonner!») et du règlement de facture à 120 jours. Seul ce négoce était capable de structurer l'événement, lui imprimant une image de marque prestigieuse. Les circonstances ont fortement contribué à ce positionnement de la grande distribution comme premier opérateur national sur ce marché des vins bordelais et comme intercesseur fiable aux yeux des consommateurs. Une suite quasi ininterrompue de millésimes remarquables entre 81 et 90 (seuls 84 et 87 furent médiocres) permettant alors d'offrir des vins de garde à des tarifs étonnamment doux car la conjoncture était pléthorique. Résultat, une véritable frénésie d'achat se fit sur les classés et les bons crus bourgeois dans les années 92-93, en particulier des 88, 89 et 90. 5d par jean boilot depuis, le soufflé est retombé, car les millésimes suivants ne bénéficieront pas d'une aura similaire (hors 95 et 96), ni les tarifs d'ailleurs. Du coup, les différentes enseignes ont cessé de se tirer des bordées pour couler la concurrence. Les sélections se sont affinées grâce au réel talent de profes- sionnels, les disparités de choix entre les différentes enseignes se sont accentuées et la grande distribution de s'adresser aussi et à présent à de vrais connaisseurs en proposant des domaines éminents, parfois hors catalogue. Mais qu'on ne se leurre pas!Globalement, dans ces foires aux vins, surnage un îlot de 3 à 5 (au mieux 10 ) de vins de qualité qui méritent qu'on les achète, au milieu d'un océan de produits de consensus mou, dont le prix ne peut même pas constituer un argument de vente. Rien da changé à ce niveau, sinon que la grande distribution s'inquiète de la concurrence d'internet qui rend disponibles (en fonction des stocks malgré tout) immé- diatement des vins intéressants et cela toute l'année. Mais elle a déjà trouvé la parade en créant ses propres sites, au point que les foires aux vins, sur ce créneau des vins rares et pointus, risquent de devenir obsolètes. Les dix commandements des foires aux vins 1 consultez avec attention les catalogues et comparez-les : choix, prix, références (origine et millésime). 2 munissez-vous de la bonne littérature : revue du vin de france et guide bettane-desseauve, notes de parker, éventuellement guide hachette. Tous les catalogues les mentionnent. 3 soyez sur les rangs dès le premier jour des foires, voire avant, car la mise en place des vins en linéaires se fait quelques jours auparavant. 4 surveillez de très près les vins hors catalogues. Ils ont souvent été sélectionnés en petites quantités et ne manquent parfois pas d'intérêt. 5 n'achetez pas une appellation, mais une signature. Pour un bordeaux, test simple de s'y retrouver car un château, c'est une marque. Ailleurs, c'est le nom (et le prénom) du propriétaire qui compte. 6 acquérez uniquement des millésimes réputés de qualité, en tenant compte des disparités régionales. Là encore, les guides vous aideront. 7 ne succombez pas aux achats d'impulsion en allant au moins cher, vous serez toujours à côté de la plaque. 8 faites preuve de circonspection vis-à-vis des seconds vins, voire des troisièmes vins de grands châteaux girondins. Dans les petites années, ils sont souvent décevants. 9 méfiez-vous des vins de certaines régions, bourgogne, beaujolais, loire, alsace, pour lesquels mauvais négociants et coopératives médiocres sont surreprésentés, 10 précipitez-vous sur les 98 en crus bourgeois et classés bordelais. C'est une bonne année, les prix sont relativement et inexplicablement doux, et il faut en profiter avant la flambée des 2000. |
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