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L'Optimum n°45 - 2001 - Page 82 / 83

L'OPTIMUM n°45 de 2001 / Page 82 / 83

TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2010

page 1 suellement, le terme « offshore » tient plutôt du bateau racé, symbole de la jet- set des nuits tropéziennes que de la class 1, catégorie reine du motonautisme, qui anime dans une certaine indifférence une poignée de passionnés amoureux de performances et de sensations fortes.

Si d'aucuns considèrent qti une course de offshore se résume à un caprice d'enfant gâté, à coup de millions de dollars, ceux qui ont eu la chance de côtoyer les coulisses d'un grand prix class 1 savent à quoi s'en tenir.

Saint-florent, samedi 16 juin 2001.

Le promoteur du championnat du monde a jeté son dévolu sur cette magnifique escale de l'île de beauté.

Six ans jour pour jour après un grand prix de france qui s'était tenu à saint-tropez avec un plateau réduit et une écrasante victoire du team victory.

Autre grande première en corse : un équipage 100 français, au budget certes modeste, participe à la course.

Philippe benhamou joue le rôle du throttleman, jean-michel bisutti, celui du pilote.

Tous deux veulent faire bonne figure pour leur entrée en lice : terminer la course et marquer des points.

1956: la miami-nassau lance l'offensive petit retour en arrière.

La première compétition offshore est née en floride en 1956.

C'est la fameuse miami-nassau qui voit s'illustrer des pilotes de renom comme dick bertram, sam griffith ou encore don aronow, le créateur du célèbre chantier cigarette.

En europe, l'offshore démarre dans les années soixante avec la classique cowes-torquay, sponsorisée par le quotidien britannique london daily express ou plus au sud la viareggio-bastia viareggio, terrain de prédilection des riva.

En france, la course du dauphin d'or a marqué de son sillage l'histoire motonautique.

Dans cet esprit « racing les chantiers européens comme cougar en grande-bretagne, picchiotti, cuv et buzzi en italie ont pris la relève des américains bertram ou cigarette en concevant des bateaux typiquement étudiés pour la compétition.

Dans les années quatre-vingt, l'offshore et ses cigarette deviennent à la mode sur la côte d'azur.

Les coques catamarans prennent le pas sur les embarcations « monocarèn » car elles permettent d'obtenir des vitesses de pointe plus élevées.

Au même moment, les accidents tragiques se succèdent avec notamment le décès de didier pironi en 1987 puis celui de stefano casiraghi, mari de caroline de monaco, trois ans plus tard.

Vers 1992, un nouveau promoteur établit un calendrier de grands prix à travers l'europe et le moyen-orient, mais peine à établir un plateau conséquent en raison de la récession économique.

Ce championnat onéreux est dominé par le nouveau team victory de la famille maktoum des emirats arabes unis.

En 1997, le pilote norvégien bjorn gjelsten crée l'offshore sport promotion (osp), une structure chargée de l'organisation et de la promotion du championnat mondial de class 1.

Plusieurs teams capables de battre victory étoffent le plateau comme celui des italiens eduardo pole et lamberto leoni (ancien pilote ferrari en fi) ou du britannique steve curtis et du norvégien bjorn gjelsten à bord du spirit of norway, l'équipage champion du monde en 1998.

Depuis, le championnat s'est équilibré et plusieurs bateaux comme jotun (norvège) ou highlander (italie) ne manquent pas de damer le pion aux irrésistibles catamarans bleus du désert.

Des paddocks dignes de la fi chromes rutilants, coques éclatantes, hélices démesurées, le spectacle commence déjà à quelques mètres du plan d'eau, dans le paddock - le « boat pit » dans le jargon motonautique.

Un lieu où il faut montrer patte blanche et faire preuve d'une certaine curiosité pour comprendre tous les rouages.

Une fois à l'intérieur, rien ne manque, à l'instar d'un grand prix fi ou moto : camions ateliers dernier cri à perte de vue, hordes de scooters griffés aux couleurs des équipes, tentes vip.

Et quand les grues de mise à l'eau se mettent en branle, il faut foncer de façon intrépide dans l'ombre de ces géants de cinq tonnes pour pouvoir admirer toute la puissance et la fragilité de leur coque en carbone-kevlar.

Une fois sur l'eau, les vrombissements de leurs v12, pour peu qu'ils retentissent d'une rare coque en aluminium aujourd'hui un peu dépassée, ne laissent pas indifférent.

Ni la gerbe d'eau d'ailleurs qui s'échappe de la proue, dans les virages, lorsque le throttleman trim » à fond pour pouvoir faire sortir au maximum la coque de l'eau et faire crier les hélices de surface.

Tympans délicats s'abstenir.

A l'écart de tous, une audace, sens de l'anticipation et sang-froid : trois qualités indispensables aux pilotes de offshore.

Structure sort particulièrement du lot : le team victory.

Créée à l'aube des années quatre-vingt-dix, l'équipe du golfe persique est financé par l'etat de dubai dans le seul but de faire briller les couleurs du pays sur tous les océans du monde et de véhiculer une image high-tech.

A n'en pas douter, tout lui réussit : 51 victoires en grands prix, plusieurs titres de champion du monde, un record de vitesse en course (plus de 259 km/h) et des pilotes qui, comme ali nasser (victory 1) sont de véritables stars dans leur pays.

Pour arriver à cette domination sans partage, le micro-etat a dû mettre les bouchées doubles : dépenser la bagatelle de 40 millions de dollars (le budget annuel de fonc- tionnement) et recruter les meilleurs spécialistes aux quatre coins de la planète avec des salaires mirobolants à la clé.

« les italiens sont intraitables sur la connaissance des moteurs et en particulier les v12 lamborghini qui équipent la majorité des clans 1 » concède l'italien gianfranco venturelli, directeur de cette écurie de cent personnes et transfert de la scuderia ferrari.

« les sud-africains restent les maîtres dans la conception des coques catamarans de même que les britanniques pour le design » ajoute-t-il.

Un tricolore a également fait sa place au soleil.

Il veille en chef trois étoiles au bon déroulement des grands prix à travers la planète.

Ancien pilote d'offshore reconnu pour sa connaissance de la discipline, jean-marc sanchez s'est exilé à dubaï après avoir travaillé dans l'ombre de didier pironi et de son colibri à la fin des années quatre-vingt.

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