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L'Optimum n°45 - 2001 - Page 94 / 95

L'OPTIMUM n°45 de 2001 / Page 94 / 95

TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2010

page 1 a comme affaires sexe, mensonges et gigolos la comtesse italienne francesca agusta aura vécue une vie de rêve, où se côtoyaient têtes cou- ronnées et gratin politique.

Mais sa disparition mystérieuse mettra en évidence une vie bien plus décousue, mêlant business, moeurs et politique.

Es nombreux touristes qui déambulent dans les rues de portofino semblent ignorer le drame qui s'est déroulé ici.

Derrière une grille en fer forgé, un chemin privé mène à un promontoire rocheux, où, masquée par les arbres, on devine plus qu'on ne voit, l'altachiara, la demeure de la comtesse agusta.

Cette dernière a mysté- rieusement disparu un soir d'hiver.

Dans cette histoire qui continue de défrayer la presse transalpine, tous les ingrédients sont réunis pour captiver le grand public : une figure de la jet-set suicidée ou assassinée, qui entretenait des relations mondaines avec la classe politique italienne, des amitiés avec les derniers rois d'europe ; des imbroglios mêlant sexe et drogue ; deux hommes et deux femmes qui cohabitent dans une magnifique demeure ; des testaments multiples et un énorme héritage évalué à près de 300 millions de francs.

Le 8 janvier dernier, alors que la nuit est tombée, francesca agusta, vêtue d'un peignoir de bain sort de sa maison et se dirige vers le bout de la propriété, où un petit muret surplombe la mer et quelque 100 mètres de précipice.

Cette nuit-là, la comtesse, ivre comme à son habitude, disparaît comme par enchantement.

Le lendemain, la police retrouvera le peignoir de la comtesse, ses mules et ses lunettes.

Quatorze jours plus tard, sur les récifs du cap bénat, à 400 km de portofino, le corps décomposé de francesca agusta est découvert.

Durant ces derniers mois, la juge qui mène l'enquête, margherita rayera, a tenté de comprendre les rapports compliqués, d'amour et de haine, qui soudaient les quatre personnages au coeur du drame de portofino : francesca agusta, cinquante-huit ans, veuve du richissime comte agusta et amie du gotha, une femme provocatrice et dépressive ; maurizio raggio, quarante-trois ans, ex- amant de la comtesse, devenu son meilleur ami, un financier proche de feu bettino craxi, l'ancien premier ministre socialiste italien ; tito rosario chazaro, un play-boy mexicain presque quinquagénaire, infirmier et secrétaire particulier de la comtesse, devenu son amant ; enfin, suzanna torreta, trente ans, une ancienne vendeuse en boutique, devenue la confidente et la maîtresse de la victime.

Une sorte de « ménage à quatre ».

Francesca agusta, une magnifique rousse, originale et délurée, avait épousé corrado agusta, le roi des hélicoptères, un milliardaire de vingt-cinq ans son aîné.

A portofino, l'altachiara était le symbole de leur union.

Cette bâtisse de quarante pièces, plutôt kitsch, avec piscine et héliport, avait été construite par lord carnarvon, l'égyptologue anglais qui découvrit la tombe de toutankhamon et mourut peu après.

Aimant croquer la vie à belles dents, provocatrice, séductrice, adorant faire la fête, francesca agusta ne trouvera pas le temps de fonder une famille.

Elle a quarante-quatre ans quand son mari décède.

Elle tombe alors amoureuse de maurizio raggio, de quinze ans son cadet, dont la famille est propriétaire de plusieurs commerces et entreprises à portofino.

Pour ses affaires, l'homme est souvent amené à voyager.

La collusion avec bettino craxi « j'étais à miami, quand notre majordome m'a téléphoné pour me dire que francesca avait disparu » se souvient raggio.

« je n'aurais pas dû la laisser seule.

Elle faisait partie de ma vie.

» se destinant au business, raggio a fait ses premiers pas dans les arcanes de la finance internationale auprès de francesco pazienza, un membre de la loge maçonnique p2 et l'un des responsables du krach de la banque ambrosiano du vatican, le plus grand scandale financier des trente dernières années en italie.

Par la suite, raggio gérera les comptes bancaires du parti socialiste de bettino craxi.

Au début des années quatre-vingt-dix, mis en cause par l'enquête « mani pulite » (mains propres) sur la corruption politique, bettino craxi fuit son pays et s'installe en tunisie.

Le juge anti-mafia de milan, antonio di pietro soupçonne raggio et francesca agusta d'avoir « blanchi » plusieurs milliards de lires pour le compte du dirigeant socialiste italien.

Un mandat d'arrêt international est lancé contre eux.

Les deux amants s'enfuient au mexique et y connaissent un exil doré de quatre ans, où ils dilapident une partie de l'héritage de feu le comte agusta.

Raggio est finalement arrêté et extradé.

En italie, il passe plusieurs mois en détention, alors que la belle comtesse est condamnée à une peine avec sursis après avoir passé un « deal » avec la justice italienne.

Quand il sort de prison, le jeune financier reste le gérant des biens de francesca et est persuadé qu'un testament signé en 1997 par la comtesse, fait de lui l'héritier de la plus grande partie du magot : 260 millions de francs.

« pendant des années, nous avons mené une vie insouciante » raconte aujourd'hui raggio.

A largeur ne manquait pas.

Francesca ne payait jamais, elle ne connaissait pas le prix des choses.

C'est moi qui gérais tout.

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