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L'Optimum n°45 - 2001 - Page 100 / 101

L'OPTIMUM n°45 de 2001 / Page 100 / 101

TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2010

page 1 en exerÇant un contrÔle actif des sociétés qu'il rachète, warren buffett agit plus comme un gestionnaire que comme un spéculateur.

Coca-cola et à vivre modestement.

Bref, il respire le bon sens.

« ce n'est pas un 'mogul', assure david woodruff, journaliste au wallstreetjournal il vient du middle west et pas de la côte ouest ou de new york comme beaucoup d'hommes d'affaires.

Il a un peu le profil du type honnête, droit et économe.

» déjà enfant, cet oncle picsou du capitalisme américain avait la réputation de courir plusieurs lièvres à la fois.

Travailleur et sérieux, le petit warren arrondissait ses fins de mois en ramassant et revendant des balles de golf.

A l'âge de douze ans, il jouait déjà aux courses et au lycée, il avait monté avec un ami un petit commerce de flippers, ce qui leur rapportait 200 dollars par mois.

A l'université, il rencontre benjamin graham, dont les théories d'investissement le séduisent.

« ben » devient vite son ami et son mentor.

C'est ce dernier qui lui conseille d'investir dans des entreprises sous-évaluées, mais dont les perspectives sont bonnes.

Il ne l'oubliera jamais.

Après trois ans dans la banque de son père, warren buffett rejoint, en 1954, la société de graham comme analyste.

Deux ans plus tard, à l'âge de vingt-cinq ans, il démarre sa propre affaire avec 100 000 dollars empruntés à sa famille et à des amis.

Son premier gros coup fut d'investir dans american express.

En 1963, la firme est empêtrée dans un scandale et wall street pense qu'elle ne s'en relèvera pas.

Warren buffett remarque, lui, que les gens continuent à utiliser leur amex dans les boutiques et les restaurants.

Il achète donc 5 d'amex au plus bas prix.

Huit ans plus tard, la valeur a été multipliée par six.

Vingt ans après, il s'offre à nouveau la culbute en rachetant la banque d'affaires salomon brothers, en proie à des problèmes juridiques et dont le cours a fortement baissé.

C'est ainsi que s'est forgée sa légende.

Ce pape de la bourse contrôle aujourd'hui (à 38 ) berkshire hathaway qui détient nombre d'actions : american express (11 ), coca-cola (8 ), gillette (8,5 ), washington post (21 ).

Mais aussi des participations dans plus de cinquante entreprises de taille moyenne qui fabriquent tapis ou chaussures.

Depuis 1965, ses actions ont toujours fait 12 par an de progression de plus que la bourse ; elles n'ont fait moins bien que quatre fois.

Et son cours de bourse a gagné plus de 300 000 .

Aux etats-unis, warren buffett est devenu une sorte de gourou, si bien que chaque fois que son fonds achète une valeur, tout le monde se précipite pour en faire autant.

Tout cela géré depuis son fief à omaha dans le nebraska a avec 13,8 employés, car il y a un employé à temps partiel » aime-t-il à souligner.

Sa détermination et sa créativité, mais surtout sa gestion de bon père de famille avisé ont fait sa fortune.

« sa stratégie est celle du value-buying », commente gérard augustin-normand de richelieu finance.

« buffett n'achète que des valeurs sous-évaluées en bourse et son bon sens terrien le dissuade de placer son argent dans des entreprises dont il ne saisit pas bien les produits ou le marché.

Ce qui limite sa marge d'erreur.

» de plus, il a les reins suffisamment solides pour conserver longtemps les valeurs.

Et cela a du sens dans le monde selon warren buffett, même lorsque le management se révèle désastreux : «il faut choisir une entreprise qui pourrait être dirigée par un idiot, parce qu'un jour ce sera le cas!» a-t-il coutume de dire.

Depuis quarante ans, il réalise ainsi les meilleures performances mondiales.

Mais rien n'est moins simple.

Souvent, buffett cite en exemple l'évolution de l'indice de la bourse de new york qui n'a pris qu'un point de 1964 à 1981 pour conclure : « je sais que je suis connu pour être un investisseur à long terme et un type patient, mais ce n'est pas vraiment ma conception du grand saut.

» en exerçant un contrôle actif des sociétés qu'il rachète, warren buffett agit plus comme un gestionnaire que comme un spéculateur.

C'est là le ressort psychologique du personnage et ce qui le différencie de bill gares ou de bernard arnault : il n'a pas la volonté de puissance - ni de pouvoir - qui conduit à la construction d'un empire.

Modeste, buffett ne s'est jamais pris pour un mégalo.

Eautre différence notoire avec la plupart des investisseurs c'est qu'il gère son argent en même temps que celui de ses actionnaires.

99 de ce que buffett et sa femme détiennent, est en effet investi dans berkshire hathaway.

Car, contrairement à l'adage communément admis, ils ont bel et bien mis tous leurs ceufs dans le même panier : « nous voulons gagner de l'argent quand nos associés en gagnent, et exactement dans les mêmes proportions » explique-t-il aux actionnaires.

« et puis, quand je fais quelque chose de stupide, consolez-vous en vous disant que ma souffrance financière est proportionnelle à la vôtre.

» d'ailleurs, buffett ne se verse qu'un salaire de 100 000 dollars par an et pas de stock options.

A la surprise générale, la fin des années quatre-vingt-dix semble sonner le glas des placements avisés du génial mais vieux « sage d'omaha ».

Wall street bruisse même d'une rumeur selon laquelle il aurait perdu la tête.

Il acquiert très cher une compagnie d'assurance et refuse de croire aux modèles économiques d'internet en clamant haut et fort : « je suis un technophobe, je sais à peine me servir d'un ordinateur et ne m'envoyez pas d'e-mails, je ne sais pas comment ça marche!» et pour le prouver, en pleine envolée du nasdaq, il s'empare d'une société de chaussures en disant : « nous abordons le xxi` siècle en investissant dans des entreprises à la pointe comme la brique, les tapis, l'isolation, la peinture et les chaussures.

Merci de contrôler votre excitation!» difficile dans ces conditions de battre le marché sans avoir une seule action du secteur le plus attractif de la bourse.

C'est pourtant ce qu'il fait.

Et en un an, la valorisation de ses participations augmente de 4,3 milliards.

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