L'Optimum n°53 - 2002 - Page 70 / 71

L'OPTIMUM n°53 de 2002 / Page 70 / 71

TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2009

page 1 philippe presti, skipper du défi areva a la lxijnllj1 te du graal manche préliminaire à la mythique america's cup, la louis iluitton cup débute à auckland en octobre.

Côté france, le défi areua, emmené par philippe presti va tenter de ravir le titre de challenger qui lui permettra d'affronter en 2003 la nouvelle-zélande.

Laquelle détient la fameuse aiguière d'argent depuis 1995.

N joli bureau, étriqué certes, mais avec vue sur la mer.

Comme le moral que laisse entrevoir le skipper philippe presti, 36 ans, chargé par ses sponsors, plus que par la nation, de rafler aux néo- zélandais la coupe de l'america, qu'ils remportent régulièrement chaque année depuis sept ans.

Il y a les navigateurs bourrus, au regard bas, aux mains calleuses qui sentent les moules (famille kersauzon), les cadors du record d'argent dépensé et du chrono pulvérisé (famille peyron) et il y a les « challengers », plus exposés aux embruns qu'aux médias, au sourire indéfectible et au regard lointain (famille presti).

Malgré un palmarès personnel plutôt flatteur (double champion du monde de match race, vice-champion du monde de soling (1), entre autres,) captais presti, professeur d'éducation physique de son état, « venu sur le tard à la compétition, à vingt ans » conserve sa bonhomie (renforcée par un léger accent venu de gironde, comme lui) et une envie d'en découdre.

Chez presti, le tutoiement, le sourire et l'optimisme sont choses aussi naturelles que la marée ou le vent dans les voiles.

Même un sévère jet-lag n'a pas eu raison de lui « Ça va très bien!Je récupère du décalage horaire.

Le stress?Il y en a toujours, mais c'est positif, ça fait avancer les choses.

Ceux qui n'ont pas de stress ne vont pas plus loin que ce qu'ils savent faire.

Le stress c'est un moteur.

» le girondin est pragmatique, c'est sa science ; candide, faussement, c'est sa force.

Le défi areva, est une grosse machine de 25 millions d'euros, pour un team d'une petite centaine d'hommes et de femmes, dont 35 navigants et 16 hommes à bord lors des régates.

« j'essaie simplement de faire mon job le mieux possible, de prendre les bonnes décisions, de mener une équipe.

» malgré le rythme d'enfer imposé à bord par les conditions d'une course qui se joue à couteaux tirés, et une chiourme d'élite qui use autant de ses bras que de sa tête, presti se défend d'imposer à bord une ambiance militaire, bien au contraire.

« on ne discute pas trop à bord, c'est vrai, on applique la stratégie qu'on a élaborée en amont, mais il n'y a pas un chef qui impose ses décisions.

J'ai pour rôle de rythmer mes compagnons.

» il écope sereinement la pression, l'enjeu financier énorme, le nom d'un bateau éponyme de la société leader mondial dans les métiers de l'énergie nucléaire.

« je m'intéresse essentiellement à l'aspect sportif, à l'enjeu technologique de cette aventure.

Les gens d'areva sont vraiment arrivés au bon moment.

» ce n'est pas le vent qui fait avancer les bateaux de la louis vuitton cup, c'est l'argent.

Et d'après philippe presti, c'est une des raisons pour lesquelles les équipes françaises voient plus souvent la poupe que la proue des navires américains, australiens ou néo-zélandais.

« pour mener à bien ce type d'entreprise, il faut être capable de trouver de l'argent suffisamment en amont pour mettre en place la recherche et la construction.

C'est un challenge qu'on a du mal à relever en france.

Il n'y a pas de synergie financière qui permet de préparer les équipes suffisamment tôt : nous avons signé notre contrat avec areva au début de l'année dernière.

Mais dès qu'on est à armes égales dans des régates type match racing, ou dans des compétitions internationales, on a prouvé qu'on était capable de battre les américains ou les néo-zélandais.

» mais l'america's cup est une course particulière, mythique, rameutant le ban et l'arrière-ban des meilleurs clubs de voile internationaux.

Laiguière, les seize français rêveraient de la ravir et de la ramener au pays, même si l'enjeu national ne perturbe pas trop le skipper d'areva.

« je n'ai absolument pas intégré cette notion patriotique de la chose.

J'ai toujours privilégié le côté ludique.

» Ça tombe bien, d'autant que philippe et ses petits camarades ont un beau joujou pour s'amuser.

Et si d'aventure la coupe changeait de nationalité à l'issue de la dernière manche de l'americâs cup qui aura lieu en 2003, du 15 février au 1' mars, on pourrait toujours prévoir de faire à nos marins une belle haie d'honneur dans le port de lorient.

(1) catégorie olympique en solitaire.

_que a-ricius_à_p_kuljp_p-e_p_r£»tj_____________ combien gagnez-vous par mois?Mon salaire de prof d'éducation physique, mis à disposition par le ministère de l'education nationale, soit environ 1 830 euros.

Votre occupation favorite à terre?Passer du temps avec mon fils julian, quinze mois.

Vos chances de remporter la coupe?Je suis incapable de répondre.

Ce qui vous ferait arrêter de naviguer?La perte du plaisir.

Mais je me vois embarquer sur mon voilier à quatre-vingts ans en compagnie de mes petits-enfants.

Votre idole dans le monde de la voile?Eric tabarly m'a toujours fait rêver.

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