L'Optimum n°53 - 2002 - Page 88 / 89

L'OPTIMUM n°53 de 2002 / Page 88 / 89

TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2009

page 1 générique médias les directeurs 11rie1 il lesgrilles leurs noms ne vous diront rien, leur rôle est méconnu, la télé ne les a rendus ni fous, ni célèbres, et pourtant, ce sont eux qui tirent les ficelles.

Sans les directeurs des programmes, l'anarchie cathodique régnerait.

Parce que tout le monde les ignore, «l'optimum» les a rencontrés.

Photos jean-philippe mesguen.

Main de velours dans un gant de fer pour diriger un monstre comme tfi, faut-il soi-même en être un?Guillaume de vergès, directeur des programmes de la plus puissante chaîne de télévision en france et en europe, en possède en tout cas la carapace.

La certitude du propos et l'aplomb du personnage trahissent une assurance surhumaine.

Dans la conversation, « je ne suis pas sensible à ce que dit la presse » revient d'ailleurs comme un leitmotiv.

Du monstre, il en affiche aussi la voracité.

Ses journées commencent à 8h et s'achèvent aux alentours de 23h.

Le jour de notre entretien, il avait déjà avalé un comité exécutif en présence de toutes les directions de la chaîne, une réunion « programmes », une autre avec la régie pub, un rendez-vous avec l'équipe de « combien ça coûte?», un déjeuner avec bernard tapie de retour sur tf 1 en deuxième partie de soirée, et se préparait à une après-midi tout aussi roborative débouchant, in fine, sur un dîner à 21h avec géraldine carré, la présentatrice de « Ça peut vous arriver ».

Alors qu'un être normalement constitué frôlerait l'indigestion après un tel festin, guillaume de vergès a encore faim.

On pourrait ainsi continuer à le décrire comme un animal à sang froid, autoritaire, parfois colérique, au risque d'occulter une réalité plus nuancée.

Sur l'exercice du pouvoir, par exemple, de vergès avance prudemment.

« je n'ai pas le pouvoir de dire oui tout seul.

Les décisions sont collégiales.

En revanche, je revendique celui de dire non.

On ne m'impose pas les choses.

» a l'inévitable cliché sur « tf 1, un univers impitoyable », il oppose un paternalisme touchant.

« ici, les gens se sentent au chaud.

Ils n'ont pas envie de quitter l'entreprise.

» il regrette d'ailleurs de ne pas consacrer assez de temps à la politique interne.

« on me le reproche souvent.

Je voudrais notamment m'occuper un peu plus des problèmes de formation mais il y a toujours des urgences.

» il a surtout une passion dévorante pour sa grille de programmes, qui coûte cinq cents millions d'euros, soit 80 du budget de l'antenne (cent millions étant dévolus à la rédaction).

Acheter « le maillon faible » ou « survivor », produire le rouge et le noir de stendhal, débaucher les stars des chaînes rivales, voilà ce qui excite guillaume de vergès, à peine remis de sa négociation avortée avec jean-luc delarue.

« lui, je le voulais vraiment.

J'aime son style, sa personnalité, sa maîtrise du plateau et la façon dont il aborde les sujets difficiles.

J'espère qu'il viendra un jour chez nous.

» pas de regret, en revanche, pour le cas ardisson sur lequel de vergès ne souhaite pas s'étendre car « le leader ne s'abaisse pas à critiquer la concurrence ».

De toute façon, après la coupe du monde ratée pour les bleus, et pour tf1 qui n'a pas engrangé les recettes publicitaires escomptées, le directeur des programmes a dû brider ses envies.

« lorsque le coeur prend le pas sur la raison, veille au dessus de nous quelqu'un qui s'appelle patrick le lay, qui nous évite bien des tracas.

» le mieux n'est-il pas l'ennemi du bien?88 1 89.

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