L'OPTIMUM n°62 de 2003 / Page 86 / 87
TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2009
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page 1 5 e f 1 5 3 si novembre 1963 sonne le glas de john fitzgerald kennedy, son frère robert ne tardera pas à subir le même sort. Retour sur l'autre kennedy. Par frédéric lecdmte*. E temps est exceptionnel pour la saison. Au 1170 chain bridge road à mc lean, hickory hill est assurément l'une des plus anciennes demeures de virginie, avec ses deux écuries, un court de tennis, une agréable piscine et un impressionnant trampoline, le tout au milieu de plusieurs hectares de prairies. Le voisinage est composé de maisons discrètes sur lesquelles flotte le drapeau d'une amérique bercée par les promesses de sa nouvelle frontière. Les propriétaires sont pour la plupart de hauts fonctionnaires. A vingt minutes de washington d. , ce lieu est un havre de paix savamment protégé par ces privilégiés, dont robert francis kennedy fait partie depuis sept ans. Le dimanche, il n'est pas rare d'apercevoir des badauds, sillonnant le quartier à la recherche de la maison du frère du président. Souvent récompensés, ils découvrent, ébahis, l'énorme boîte aux lettres jaune annonçant sans autre forme de précaution : robert francis kennedy. Car, en dépit de son poste important au sein du gouvernement, des menaces de mort ou d'enlèvement, le jeune ministre vit une existence normale. Sa tribu prospère dans cette chaleureuse bâtisse au style victorien, où grouillent des dizaines de canards, de lézards, trois chats, des pigeons, des tortues, des lapins, un serpent et deux chiens, freckles et l'imposant brumus. Chaque matin, l'un des domestiques est en charge de distribuer la nourriture à cette abondante ménagerie : trente kilos de tomates, de carottes, une douzaine de salades et quinze kilos de viande hachée ne seront pas de trop. Considérée par la presse de washington comme la véritable capitale des etats-unis, hickory hill reçoit les artistes les plus en vue, les intellectuels les plus écoutés, les hommes politiques les plus influents, les chroniqueurs les plus redoutés. Tous se croisent dans une cohue déconcertante entre les rires des enfants et les aboiements des chiens. Chaque soir, robert emprunte la route à trois voies pour regagner son domicile. Dans sa décapotable rouge, il fredonne les succès de frank sinatra - all the way, in the wee small hours, the wayyou look tonlght ou bewitched - que la radio diffuse régulièrement depuis le printemps dernier. Rares instants de détente : depuis sa nomination en décembre 1960, il a pris du poids, le visage s'est ridé, les cheveux épais tirent vers le gris. Les débuts ont été 6 86 1 87. |
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