L'OPTIMUM n°72 de 2005 / Page 72 / 73
TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2013
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page 1 légende howardhughes sur les traces du milliardaire i l voulait être le meilleur réalisateur, producteur, aviateur, industriel, amant. Le ciel était son terrain de prédilection. Il jouait à cache-cache avec tout le monde et surtout avec lui-même. Pendant des décennies los angeles fut sa piste d'envol et la ville de tous ses excès. Visite guidée d'un bout de sa vie en survolant des endroits qui firent de lui un roi fou. Par gwen douguet photos daniel hennessy 10 932 pieds. Entame sa descente sur los angeles. L'énorme masse d'acier vient de traverser l'atlantique, de survoler le grand nord, de longer la côte ouest des etats-unis. Insidieusement, la mémoire d'howard remonte des soutes. Commence à vous titiller les méninges. Vous revoyez sa longue silhouette tirant sur le manche de son h-1 (hughes one) profilé pour battre le record de vitesse en 1938(s65 km/h), un coucou inven- té jusqu'au dernier boulon. Des bribes de sensations évoquant son tour du monde en trois jours dix-neuf heures et huit minutes ou sa triomphale parade new-yorkaise vous cha- touillent le bas du dos ; et tous ses crashes il eut plus de dix accidents, fut cabossé de partout, tomba dans le coma, ressuscita. L'atterrissage se profile. Pas un nuage à l'horizon. Howard aurait pété les plombs. La piste principale attend. Une piste posée sur un terrain qui, en son temps, appartint au millionnaire. Il avait acquis ce qui s'appelait alors les mines field à inglewood avant de devenir l'aéroport inter- national de los angeles. Pourquoi?Juste pour mettre en boîte l'une de ses plus folles aventures : hell's angels, son premier film en tant que cinéaste. Dans la carlingue du vol air france les ceintures sont bouclées, les bouches aussi. Tant mieux, car au fur et à mesure que le sol approche, il renvoie, tel un écran en bitume, les 87 biplans, spodes, fokkers et autres achetés aux quatre coins de l'europe pour composer en 1927 la plus gros- se armada volante jamais détenue par un seul homme. Le tournage dura trois ans. Du délire!Coûta des millions. Hughes aurait pu s'y brûler les ailes. Loupé, howard hughes et gloria baker à palm beach, en 1936. © corbis son hell's angels casse la baraque. Et de repenser à la phrase de son réalisateur, « si ce film ne marche pas, je prends mon avion, je me dirige vers l'océan et je plonge ». Mardi 30 novembre 2004. Prénom alex, nationalité arménienne. Vous lui baragouinez un hughes, il vous évoque l'un de ses compa- triotes, kerkorian. Producteur, comme howard. Très vieux, toujours vivant. Les deux hommes ont acheté, vendu à tire-larigot, à coups de magots. Direction, hollywood boulevard. Revivre en rêve l'avant-première mythique des hell's au coeur du non moins mythique chinese theater. Pour l'occasion, hughes avait engagé des bataillons de marines, des régiments de flics ; la foule se comptait en dizaines de milliers. Au-dessus d'elle, des avions suspendus. Dément!Un coup d'eeil rapide par la portière comme pour vérifier si l'endroit n'en porte pas encore les stigmates, une brûlure de projeteur, un bout d'hélice tombé du ciel lors du tournage et empierré pour l'éternité. Jamais hollywood n'a revécu pareille soirée. Jamais l'usine à rêves du cinéma n'a connu pareil individu et pourtant elle en a vu passer. Vingt et une heures à l. La ford déambule, en quête des café montmartre, mocambo, palladium, ciro's (aujourd'hui transformé en cabaret sur sunset boulevard). Le passé les a engloutis. Le lendemain est un autre jour. Température extérieure, 21 degrés. A paris les guiboles gre- lottent. Greg a pris le volant. Les couleurs sont inchangées, bleu pour la caisse, blanc pour l'homme. Idem pour le pays d'ori- gine. Y aurait-il un nid?Possible. Une adresse est lâchée, celle de l'ambassador hotel!Quelques vrombisse- ments plus tard, quelques coups de téléphone passés - l'endroit ne figurant plus sur les listes du 411 (le 12 local) - et une façade nous saute au visage. Au 3400 wilshire boulevard. A cent pâtés des collines de beverly. Immense, tout en longueur, entouré de grillages, le lieu se lamente, pleure ses lustres d'antan. Vitres brisées, décrépitude avancée, une misère!Juste devant, tel un chien de garde sous for- mole, le cocoanut grove n'est guère plus frin- gant. Triste!A en croire la standardiste d'un immeuble voisin, tout est fermé depuis 1970. La mairie aurait racheté, songerait à en faire 72 le magazine de loptimum. |
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