L'OPTIMUM n°76 de 2005 / Page 48 / 49
TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2009
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page 1 caracteristidues porsche boxster 2,7 moteur flat 6, 24 soupapes cylindrée 2 687 cm' puissance 240 ch à 2 200 tr/mn couple (nm) 270 nm à 4 700 tr/mn 0 à 100 km/h 6,2 s transmission aux roues arrière, 5 vitesses manuelles long. (en m) 4,32 m / 1,80 m / 1,29 m vitesse maxi 256 km/h sur circuit poids 1 295 kg coffre av 150 litres/ ar 130 litres réservoir 64 litres conso moyenne 9,6 l /100 prix 45 034 le havre. Temps clair et dégagé. Au milieu de larges avenues impeccables et de longues perspectives de bâtiments identiques, tout semble avoir été importé d'un pays de l'est et figé dans le temps. Les deux porsche décapo- tées évoluent au pas, fendant l'air de la ville, tels deux navires de retour au port après une longue traversée. Le contraste est saisissant entre l'architecture de la ville et les lignes des dernières g11 et boxster. Une percée capitaliste au sein d'un sanctuaire socialiste. L'idée est la suivante : opposer le roadster boxster 2,7 litres d'accès de gamme à la plus cossue des gii cabriolets, la carrera s, sachant que 53 700 les séparent. Et tenter de savoir si cette différence en vaut la chandelle. Le type de question fondamentale que l'on se pose en croisant une affiche du super loto et qui peut vous occuper une matinée entière. La simple évocation du nom porsche dégage une multi- tude de réactions contradictoires. Vitesse, réussite sociale, légende, compétition, rigueur allemande. Pourtant certains faits imposent d'eux-mêmes le consensus. En premier lieu la ligne de la grr. Reconnaissable entre mille, elle apparaît comme une valeur refuge dans un monde où une nouveauté chasse l'autre à un rythme effréné. En cabriolet, l'équilibre des formes est respecté et une simple pres- sion de 22 secondes découvre la voiture sans aucune intervention manuelle. L'opération peut même s'effectuer en roulant jusqu'à so km/h, ce qui fait dire à un passant du havre qu'en pleine action de décapotage, la gii semble déployer son spinnaker. Similaire sur le boxster, l'opération nécessite au préalable un déverrouillage manuel via une grosse poignée chromée, du genre écou- tille de secours d'un sous-marin nucléaire. Comparativement, le profil du roadster appa- raît plus musclé et plus saillant. Bien sûr, c'est une stricte deux places face à une gt l'entreprise automobile la plus rentable du monde, mais du coup on retrouve plusieurs éléments communs : rétroviseurs, clignotants, poignées de portes. Les intérieurs sont quasi- ment identiques et pour les différencier c'est le jeu des sept erreurs : aérateurs ovales pour le boxster, rectangulaires pour la gu, volant au centre rond pour l'un, triangulaire pour l'autre, trois blocs compteurs pour le roadster, cinq pour le cabriolet avec la pression et la température d'huile en plus. Dans les deux cas, l'ergonomie frise le sans-faute, les assemblages ont l'air coulés dans du béton, et le tout respire ce sérieux « made in germany» qui continue de faire fantasmer les bureaux d'études concurrents. Alors finalement pour- quoi réinventer la roue d'un modèle à l'autre?Deux plus deux, mais l'ensemble joue les duel sur route similitudes avec sa aînée. Un peu trop c'est toujours un joli moment que de tourner même et, sous certains angles, la confusion la clé de contact, située à gauche de la colonne est possible. Certes, la politique de rationalisa- de direction, d'embrayer à fond et de pouvoir tion des coûts de l'actuel président, le lancer le moteur de la carrera s. En plein dans dr wendelin wiedeking, a fait de porsche l'axe central de votre vision, l'aiguille du gros moteur 6 cylindres à plat cylindrée 3 824 cm' puissance 355 ch à 6 600 tr/mn couple (nm) 40,7 mkg à 4 600 tr/mn oà100km/h 4,9s transmission aux roues arrière, 6 vitesses manuelles long. (en m) 4,42 m / 1,80 m / 1,30 m vitesse maxi 293 km/h sur circuit poids 1 505 kg coffre 135 litres réservoir 64 litres conso moyenne 11, 6 1/100 prix 98 734 compte-tours se réveille brusquement et piaffe d'impatience pour rejoindre les 7 ooo tours minute. La sonorité, très travaillée par les acousticiens, est un ravissement qui mélange des notes métalliques et des borborygmes d'essence à l'accent animal. Chaque accéléra- tion un peu appuyée raisonne comme un mirage au décollage et fait écho de building en building. Le boxster 2,7 litres, avec seule- ment 240 chevaux, crie moins fort et s'étouffe plus vite. Mais dans les deux cas, ce qui frappe c'est la facilité déconcertante de prise en main pour des voitures pourtant capables de se muer en « bêtes de circuit » entre des mains expertes. Très vite les différences entre le boxster 2,7 et la grr sautent aux yeux. Le premier typé kart, la seconde plus bourgeoise, leur philosophie initiale est respectée. Sur route, la grr mène la danse du fait de sa puissance démoniaque mais aussi de son confort qui filtre bien les imperfections de la route. La direction offre une prise en main consistante et elle retransmet parfaitement les informations du bitume. Les six vitesses s'enclenchent à la perfection et rien que pour le plaisir de jouer avec la boîte, on se sur- prend à changer de rapport fréquemment. Forcément, en comparaison, le petit boxster apparaît plus « faiblard» surtout dans les montées en régime plus laborieuses, mais direction et boîte procurent le même plaisir. Dès que l'on sort de l'autoroute pour rejoindre des routes sinueuses, le boxster revient à la charge. Malgré son handicap de puissance, il se rattrape par un meilleur équilibre du fait de la position idéale de son moteur central arrière. Vous faites corps avec la route et l'avant et l'arrière ne font qu'un, alors qu'avec la gii on sent instinctivement qu'une trop grosse accélération pourrait bala- der le train arrière. Le psm, porsche stability management, interviendra avant même que vous ayez pensé à corriger le mouvement. Les conducteurs émérites le déconnecteront, mais après tout il faut vivre avec son temps. Au début de l'abs, les puristes criaient au sacri- lège!Il faut encore louer une autre qualité de ces deux autos. Leur freinage qui pourrait ralentir un airbus, surtout sur la grr équipée des fameux freins en céramique qui évitent tout échauffement, quel que soit le nombre de sollicitations. Ce petit raffinement vous coûtera plus de 8 000 en option. La véné- rable maison de stuttgart ne s'est jamais embarrassée de ce genre de détail. Quant aux équipements optionnels, chez porsche, cela fait partie de la légende, le menu n'existe pas, tout est à la carte. Et si tout a été fait pour sécuriser et assister le comportement de ces voitures, même bien dressées, cela reste des voitures « sauvages » qui peuvent retrouver leurs instincts. Les « porschistes » aiment ce caractère joueur, mais pour les autres cela demande un peu de prudence. Alors au final, gii carrera s ou boxster premier prix?Dans les deux cas, il s'agit de fantastiques machines, et le boxster n'est nullement un sous-produit. Mais le mot de la fin est pour jonas, le photographe. Après une journée pas- sée au volant des deux, le boxster est pour les femmes et la grr pour les hommes, c'est clair et net. Chacun appréciera à sa manière. 48 le magazine de l'optimum le magazine de l'optimum 49. |
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