L'OPTIMUM n°76 de 2005 / Page 90 / 91
TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2009
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page 1 lover la trentaine balbutiante, la dégaine bohème, la spontanéité débridée, romain duris appartient désormais au royaume des grands. Depuis son passage chez audiard, grâce à ses virées chez gatlif et ses voyages à répétition en compagnie de klapisch, l'ex-jeune en péril est devenu acteur, de la trempe des baraqués de l'écran. C'est vraiment l'année duris. Le magazine de l'optimum. Il paraît que vous aimez bien les scénarios écrits avec les tripes ; ceux de klapisch sont aussi écrits avec le coeur?Romain duris. J'aime quand c'est écrit avec une inten- tion, une vision. Je n'aime pas quand c'est plat. Même dans arsène lupin, jean-paul salomé avait des désirs personnels, par rapport à sa mère, quelque chose qui lui était propre. Dans ses films, gatlif parle de ses racines, audiard s'adresse à son père, ktapisch aux femmes, salomé parle à sa mère. Et vous, à travers leur univers, à qui parlez-vous?J'aime tout ce qui est humain. Gatlif a une grande humanité, klapisch aussi. L'amour, les femmes sont des thèmes effectivement importants pour moi. Mais je suis assez ouvert à ce qu'un réalisateur m'entraîne vers quelque chose de complètement différent, un autre état d'esprit. Vous laissez faire les réalisateurs quand ils vous volent des choses?Bien sûr. C'est une question de concentration. Quand on vit une scène, il y a une notion d'abandon. Je déteste tout contrôler. C'est certes une envie que l'on a au départ, mais c'est dangereux. Contrôler chaque émo- tion, chaque geste est souvent synonyme de possible répétition. L'abandon rime avec vol. Je suis surpris, étonné, j'aime bien ça. Sur « l'auberge espagnole », vous aviez suivi ktapisch lors des repérages, un carnet à ta main, vous avez recommencé avec « les poupées russes »?Il y a eu juste dix jours entre la fin du audiard (ndlr de battre mon s'est arrêté) et les poupées russes. J'ai pu tester de passer d'un univers à un autre dans une période assez « short », et c'est pas mal. J'ai eu de la chance que les poupées soient une suite. Je me suis rendu compte que je connaissais le personnage de xavier par coeur. Vous étiez content de retrouver votre personnage?Non seulement j'étais content, mais cela m'a appris qu'un personnage ne meurt pas. Le film s'arrête, le personnage continue sa route. Je l'ai retrouvé après deux ans de séparation. Je le connais, du coup il m'appartient beaucoup plus, c'était très agréable. Et puis je n'ai pas eu le temps d'avoir vraiment peur. Juste huit jours d'appréhension. La peur de faire une suite, c'est aussi une forme d'adrénaline?Bien sûr. Je voulais que xavier ne soit pas tout à fait comme dans l'auberge. Qu'on le retrouve mais un peu changé. Pour moi, c'est un type banal mais dans sa normalité, il est décalé. J'aime pousser un peu dans ce sens-là. Quand le perchman m'a dit que le personnage lui faisait penser à monsieur hulot, cela m'a fait plaisir. Comme un petit décalage dans la banalité. Une phrase des « poupées russes » laisse entendre que « c'est en partant loin avec quelqu'un que t'un peut savoir si l'on est proche »?Il y a deux types de voyages, l'un physique l'autre psychologique. C'est peut-être en effet quand on est loin qu'on se dit les vraies choses. Pour poursuivre dans cette veine et en reprenant le titre du film, diriez-vous que les rôles sont comme des poupées russes qui s'emboîtent, parfois inconsciemment?J'y crois totalement. Cela en devient même parfois troublant. Je rapproche cela de l'époque où je faisais du dessin. Quand je faisais un tableau, j'avais déjà à l'idée le suivant. Comme une espèce d'ébullition permanente. Alors on se dépêche, on termine vite pour tourner la page. Je pense que dans la comédie, c'est pareil. Est-ce que vous ne dessinez pas d'une façon abstraite vos personnages à votre manière?J'aimerais le croire!C'est pour cela que ce métier me convient de mieux en mieux. Petit à petit, je m'exprime. Au début, j'avais beaucoup de problèmes parce que je ne réalisais pas vraiment quelque chose. Vous aviez l'impression de ne pas créer?Exactement. Là je commence à mieux comprendre ce métier. A me dire que c'est un vrai métier. J'analyse pas plus que ça, mais je me sens moins frustré de la position du comédien. J'ai envie d'aller plus loin. De constamment me dépasser. C'est un métier qui pousse à s'ouvrir, qui motive quand on a la chance d'avoir des projets. Lanvin dit mûrir avec les rôles. A trente ans, il rêvait page d'ouverture à gauche pull col v en laine prada, foulard en voile de coton dior homme par hedi slimane. Page d'ouverture à droite blouson en cuir, pantalon de smoking et chaussures vernies noir yves saint laurent, tee-shirt en coton gucci. Ci-contre veste de costume et pantalon en laine à rayures jacquard, chemise en coton et mocas- sins en cuir. Le tout dior homme par hedi slimane. 90 le magazine de l'optimum. |
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