MUTEEN n°65 de 2008 / Page 92 / 93
TEXTE BRUT DE LA PAGE (c) Les Editions Jalou 1921-2010
|
C< >fék ; Une ambition chimérique?Adrien et bernadette y parviennent. Pa r gonzague rambaud, photos guillaume zicarelli
e st-ce plus difficile de cré r une entreprise e é uitable?Il faut être davantage patient. C'est q une approche différente du business classique, dans la mesure où l'on travaille en partenariat avec des coopératives. Il y a un temps d'adaptation pour comprendre la culture locale, les attentes des employés qui travaillent pour nous. En clair, il ne faut pas vouloir gagner de l'argent rapidement, au risque d'avoir quelque désillusion. En tant qu'entrepreneurs équitables, nous avons de surcroît une responsabilité sociale vis-à-vis des gens sur place. Quels conseils pour celles et ceux qui voudraient se lancer dans le commerce é uitable?Qu'ils q rencontrent des gens qui sont déjà dans le secteur ; nous avons par exemple rencontré les créateurs de veja avant de nous lancer [adrien a créé mestres avec son meilleur ami, ndlr]. Et puis, bien sûr, il faut trouver la bonne niche. Lorsque nous avons créé mestres en 2005, la capoeira devenait de plus en plus populaire en france et on ne trouvait pas facilement de pantalons spécifiques pour la pratiquer. F ; Là-bas, il a eu l'idé de t s e cré r une marque d'é uipement pour les e q capoeristes, mestres. Lui qui a failli travailler en costard, il se réouit d'avoir pris la tangente j 'commerce é uitable'. Q ton parcours?Je me perds un an à la fac, je pratique la capoeira et je rêve d'aller au brésil. Je rentre à l'esc toulouse, qui propose une année erasmus à. Là-bas, j'ai l'idée de créer une marque baptisée mestres, en référence aux maîtres de capoeira. Nous travaillons avec une coopérative brésilienne, selon les normes du commerce équitable ; sur chaque vêtement vendu, 1 ` est reversé pour la scolarité des enfants du quartier où sont produits les vêtements. 0) gclj hl< efj e 8i Plus que l'argent et le prestige de l'entreprise, ils souhaitent travailler dans un cadre et une ambiance favorables. Travailler dans le secteur humanitaire, le développement durable ou le commerce équitable permet de se sentir utile tout en travaillant. J e u n e s talents jli kflj c Qu'est-ce qui t'a donné envie de travailler dans l'humanitaire?à 20 ans, je suis partie deux mois à manille, aux philippines, pour faire un chantier humanitaire. Le fait d'ê tre utile m'a plu. Aprè s mon deug de droit, je ne me voyais pas devenir avocate. Je suis rentrée à l'eicd 3a [voir encadré p. 137] , une école de commerce tournée vers de développement durable et l'international. Aprè s, j'ai enchaîné des stages à la croix rouge, au pnud (le programme des nations unies pour le développement) et j'ai été embauchée cette année au service ressources humaines de solidarité. AË8@d< gflmf@i m@mi< ; Je n'imagine pas rester dans le secteur de l'humanitaire sans partir sur le terrain. Mais je suis encore jeune et je dois d'abord apprendre le fonctionnement de mon ong, avant de partir en zone de conflits. Mes expériences passées, notamment lorsque j'ai encadré de jeunes enfants brésiliens dans une favela, m'ont beaucoup enrichie. J'aime pouvoir vivre des expériences fortes, et je pense avoir les nerfs suffisamment solides. Quels conseils donnerais-tu à celles et ceux qui voudraient travailler dans l'humanitaire?L'humanitaire s'est fortement professionnalisé depuis vingt-cinq ans. L'époque où les premiers humanitaires partaient la fleur au fusil est révolue. Aujourd'hui, il faut absolument posséder une expertise à faire valoir. Ensuite, il faut savoir vivre en groupe et avoir la tê te froide, pour supporter le stress et les consignes de sécurité, parfois drastiques. Penses-tu que ta génération est sensibilisée à la cause humanitaire?J'ai remarqué que lorsque je parle de mon travail avec quelqu'un de ma génération, il me prend davantage au sérieux qu'une personne d'une quarantaine d'années. Laquelle aura plus tendance à me dire : 'et sinon, c'est quoi ton vrai métier?' pour la génération de nos parents, l'humanitaire est perçu plus comme une expérience de vie ; les jeunes, eux, ont intégré que c'était un secteur professionnel à part entiè re. |
|
Si vous souhaitez utiliser le texte ou les images de cette page. Cliquez ici |
|
|
148 pages
1 à 100 SUIV >>
|




















































